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L’ordre des cordeliers

 

Les Cordeliers est le nom que prirent les franciscains établis en France. Leur nom leur aurait été attribué par Jean de Beauffort lors de la septième croisade. Cette appellation remonte à saint Louis. Pendant la croisade de 1250, le roi ayant remarqué des religieux très combatifs envers les Sarrasins, demanda leur nom. On lui répondit qu’ils étaient « de cordes liés » (cordeliers). En effet, ces moines portaient sur leur robe de bure brune ou grise, une grosse corde, armée de nœuds de distance en distance, qui tombait presque jusqu’à leurs pieds et d’un capuchon court et arrondi. Ils appartenaient à l’Ordre des Frères mineurs, appelés encore Franciscains, fondé par saint François d’Assise, et confirmé par le pape Honorius III en 12231.  C’était un des ordres mendiants : ils ne devaient rien posséder ni en propre, ni en commun et ne vivre que d’aumônes. Ayant obtenu le droit d’enseigner, ils se distinguèrent dans la philosophie et la théologie, rivalisèrent avec les dominicains, et défendirent chaudement contre eux les opinions de Duns Scot, un des ornements de leur ordre.

En 1789, les Cordeliers possédaient en France 284 couvents, qui furent tous fermés en 1790.

Les frères Mineurs Franciscains ou Cordeliers  édifient un grand couvent (du XIIIe au XVe), entre les rues des Lois, du collège de Foix, Albert-Lautmann et Deville.

Depuis la rue du Collège de Foix on aperçoit le haut clocher et ce qui reste des voûtes de l’église des Cordeliers; sa nef était, dit-on, une réplique de celle des Jacobins.
La salle capitulaire reste accessible par le n° 15 de la rue des Lois : on peut admirer une très belle voûte de brique reposant sur des piliers ornés de clés sculptées.

En 1562, lors des très graves troubles entre protestants et catholiques, qui déchirent la ville, les bâtiments sont incendiés par les protestants, puis reconstruits.

L’ordre comptait environ 50 religieux. Le couvent devient propriété nationale en 1794, il est donné en 1818 à l’administration militaire qui le transforme en magasin de fourrages, paille, avoine pour les chevaux. C’est cette affectation qui explique le grand incendie de 1871 ; ce qui restait debout a été en grande partie démoli.
« Les Cordeliers de Toulouse, écrit Jean Rocacher, se prêtaient complaisamment à la curiosité morbide des visiteurs en exposant dans une chapelle souterraine de leur cloître les cadavres trouvés intacts dans leur sépulture et présentés de façon macabre avec leurs vêtements. »

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L’ordre religieux des Cordeliers

(de cordelle, à cause de la corde dont ces religieux ceignent leurs reins). Nom donné, en France, par le peuple, à l’origine, aux religieux qui suivent la règle de saint François d’Assise, et que l’on appelle aussi FRÈRES MINEURS ou FRANCISCAINS : cordeliers de l’observance, ou observantins.
Saint Louis, qui avait beaucoup apprécié les cordeliers au cours de sa première croisade, fonda pour eux, à Paris, un couvent qui prospéra rapidement. Le nom de cordeliers fut, à partir du XVème siècle, réservé aux observants. Les cordeliers, agrégés à l’Université de Paris, où ils faisaient partie de la faculté de théologie, se montrèrent les zélés défenseurs des doctrines de Duns Scot. En 1789, les cordeliers possédaient en France 248 couvents, qui furent fermés en 1790. Les franciscains, qui se sont réformés en France depuis la Révolution n’ont pas repris le nom de cordeliers.

Couvent des Cordeliers

Couvent parisien installé (vers 1230) rue de l’Ecole-de-Médecine, et qui s’étendait juqu’à l’actuel lycée Saint-Louis et à la rue Monsieur-le-Prince. Les religieux abandonnèrent les lieux en 1785, et Verniquet vint s’y installer avec 60 ingénieurs pour établir un plan de Paris en 72 feuillets. Pendant la Révolution, le Club des Cordeliers y siégea. L’église a été démolie en 1802. Les monuments de rois et de princes qu’elle contenait furent transférés au Louvre, à Versailles, à Saint-Denis. Le cloître a été rasé en 1877 pour faire place à l’Ecole pratique de médecine. Il ne reste de l’ancien couvent que le réfectoire, de style gothique flamboyant (fin du XVème siècle) ; il abrite le musée d’anatomie pathologique Dupuytren.

http://www.refectoire-cordeliers.paris-sorbonne.fr/

Club des Cordeliers

Club révolutionnaire fondé à Paris en juillet 1790 (lors de la suppression des districts parisiens, qui étaient devenus des clubs) sous le nom de Société des droits de l’homme et du citoyen, et installé dans le couvent désaffecté des cordeliers. Ses principaux chefs étaient Danton, Camille Desmoulins, Marat, Chaumette, Hébert, le brasseur Santerre, le boucher Legendre. Son recrutement était plus populaire que celui des Jacobins, et ses idées plus avancées. Agissant par pétitions et manifestations, exerçant un grand ascendant sur la population ouvrière des faubourg Saint-Antoine et Saint-Marceau, on retrouve son influence dans toutes les « journées » révolutionnaires. C’est de lui que partit le mouvement républicain après l’affaire de Varennes, en 1791. Les Cordeliers disparurent de la scène politique quand les hébertistes, qui avaient pris dans la Société un rôle prépondérant eurent été envoyés à l’échafaud (24 mars 1794), pour s’être montrés trop exigeants et menaçants envers le Comité de salut public.

Le Vieux Cordelier

Journal rédigé par Camille Desmoulins (7 numéros, décembre 1793). Il était dirigé contre les hébertistes et contre le régime de terreur. Organe de la faction des « Indulgents, il réclamait la création d’un « Comité de clémence » et attaquait Robespierre.

 

Je vous veux conter la besogne
Des bons frères de Catalogne;
Besogne ou ces frères en Dieu
Témoignèrent en certain lieu
Une charité si fervente,
Que mainte femme en fut contente,
Et crut y gagner Paradis.
Telles gens, par leurs bons avis,
Mettent à bien les jeunes âmes,
Tirent à soi filles et femmes,
Se savent emparer du coeur,
Et dans la vigne du Seigneur
Travaillent ainsi qu’on peut croire.
Et qu’on verra par cette histoire.
Au temps que le sexe vivait
Dans l’ignorance, et ne savait
Gloser encor sur l’Evangile,
(Temps à coter fort difficile)
Un essaim de frères dîmeurs,
Pleins d’appétit et beaux dîneurs,
S’alla jeter dans une ville,
En jeunes beautés très fertile.
Pour des galants, peu s’en trouvait;
De vieux maris, il en plouvait.
A l’abord une confrérie,
Par les bons pères fut bâtie,
Femme était qui n’y courut,
Qui ne s’en mît, et qui ne crut
Par ce moyen être sauvée:
Puis quand leur foi fut éprouvée,
On vint au véritable point ;
Frère André ne marchanda point;
Et leur fit ce beau petit prêche:
Si quelque chose vous empêche
D’aller tout droit en paradis,
C’est d’épargner pour vos maris,
Un bien dont ils n’ont plus que faire,
Quand ils ont pris leur nécessaire;
Sans que jamais il vous ait plu
Nous faire part du superflu.
Vous me direz que notre usage
Répugne aux dons du mariage;
Nous l’avouons, et Dieu merci
Nous n’aurions que voir en ceci,
Sans le soin de vos consciences.
La plus griève des offenses,
C’est d’être ingrate: Dieu l’a dit.
Pour cela Satan fut maudit.
Prenez-y garde; et de vos restes
Rendez grâce aux bontés célestes,
Nous laissant dîmer sur un bien,
Qui ne vous coûte presque rien.
C’est un droit, ô troupe fidèle,
Qui vous témoigne notre zèle;
Droit authentique et bien signé,
Que les papes nous ont donné;
Droit enfin, et non pas aumône:
Toute femme doit en personne
S’en acquitter trois fois le mois
Vers les frères catalanois.
Cela fonde sur l’Ecriture,
Car il n’est bien dans la nature,
(Je le répète, écoutez-moi)
Qui ne subisse cette loi
De reconnaissance et d’hommage:
Or les oeuvres du mariage,
Etant un bien, comme savez
Où savoir chacune devez,
Il est clair que dîme en est due.
Cette dîme sera reçue
Selon notre petit pouvoir.
Quelque peine qu’il faille avoir,
Nous la prendrons en patience:
N’en faites point de conscience;
Nous sommes gens qui n’avons pas
Toutes nos aises ici-bas.
Au reste, il est bon qu’on vous dise,
Qu’entre la chair et la chemise
Il faut cacher le bien qu’on fait:
Tout ceci doit être secret,
Pour vos maris et pour tout autre.
Voici trois mots d’un bon apôtre
Qui font à notre intention:
Foi, charité, discrétion.
Frère André par cette éloquence
Satisfit fort son audience,
Et passa pour un Salomon,
Peu dormirent à son sermon.
Chaque femme, ce dit l’histoire
Garda très bien dans sa mémoire,
Et mieux encor dedans son coeur,
Le discours du prédicateur.
Ce n’est pas tout, il s’exécute:
Chacune accourt; grande dispute
A qui la première paiera.
Mainte bourgeoise murmura
Qu’au lendemain on l’eût remise.
La gent qui n’aime pas la bise
Ne sachant comme renvoyer
Cet escadron prêt à payer,
Fut contrainte enfin de leur dire:
De par Dieu souffrez qu’on respire,
C’en est assez pour le présent;
On ne peut faire qu’en faisant.
Réglez votre temps sur le nôtre;
Aujourd’hui l’une, et demain l’autre.
Tout avec ordre et croyez-nous:
On en va mieux quand on va doux.
Le sexe suit cette sentence.
Jamais de bruit pour la quittance,
Trop bien quelque collation
Et le tout par dévotion.
Puis de trinquer à la commère.
Je laisse à penser quelle chère
Faisait alors frère Frappart,
Tel d’entre eux avait pour sa part
Dix jeunes femmes bien payantes,
Frisques, gaillardes, attrayantes.
Tel aux douze et quinze passait.
Frère Roc à vingt se chaussait.
Tant et si bien que les donzelles,
Pour se montrer plus ponctuelles,
Payaient deux fois assez souvent:
Dont il avînt que le couvent,
Las enfin d’un tel ordinaire,
Après avoir à cette affaire
Vaqué cinq ou six mois entiers,
Eût fait crédit bien volontiers:
Mais les donzelles scrupuleuses,
De s’acquitter étaient soigneuses,
Croyant faillir en retenant
Un bien à l’ordre appartenant.
Point de dîmes accumulées:
Il s’en trouva de si zélées,
Que par avance elles payaient.
Les beaux pères n’expédiaient
Que les fringantes et les belles,
Enjoignant aux sempiternelles
De porter en bas leur tribut:
Car dans ces dîmes de rebut
Les lais trouvaient encore à frire
Bref à peine il se pourrait dire
Avec combien de charité
Le tout était exécuté.
Il avînt qu’une de la bande,
Qui voulait porter son offrande,
Un beau soir, en chemin faisant,
Et son mari la conduisant,
Lui dit: Mon Dieu, j’ai quelque affaire
Là dedans avec certain frère,
Ce sera fait dans un moment.
L’époux répondit brusquement:
Quoi ? quelle affaire ? êtes-vous folle?
Il est minuit sur ma parole:
Demain vous direz vos pêchés:
Tous les bons pères sont couchés.
Cela n’importe, dit la femme;
Et par Dieu si, dit-il, Madame,
Je tiens qu’il importe beaucoup;
Vous ne bougerez pour ce coup.
Qu’avez-vous fait, et quelle offense
Presse ainsi votre conscience ?
Demain matin j’en suis d’accord.
Ah ! Monsieur, vous me faites tort,
Reprit-elle, ce qui me presse,
Ce n’est pas d’aller à confesse,
C’est de payer; car si j’attends,
Je ne le pourrai de longtemps;
Le frère aura d’autres affaires.
Quoi payer ? La dîme aux bons pères.
Quelle dîme ? Savez-vous pas ?
Moi je le sais ! c’est un grand cas,
Que toujours femme aux moines donne.
Mais cette dîme, ou cette aumône,
La saurai-je point à la fin ?
Voyez, dit-elle, qu’il est fin,
N’entendez-vous pas ce langage ?
C’est des oeuvres de mariage.
Quelles oeuvres ? reprit l’époux.
Et là, Monsieur, c’est ce que nous…
Mais j’aurais payé depuis l’heure.
Vous êtes cause qu’en demeure
Je me trouve présentement;
Car toujours je suis coutumière
De payer toute la première.
L’époux rempli d’étonnement,
Eut cent pensers en un moment
Il ne sut que dire et que croire.
Enfin pour apprendre l’histoire,
Il se tut, il se contraignit,
Du secret sans plus se plaignit;
Par tant d’endroits tourna sa femme,
Qu’ il apprit que mainte autre dame
Payait la même pension:
Ce lui fut consolation.
Sachez, dit la pauvre innocente,
Que pas une n’en est exempte:
Votre Soeur paie à frère Aubry;
La baillie au père Fabry;
Son Altesse à frère Guillaume,
Un des beaux moines du royaume:
Moi qui paie à frère Girard,
Je voulais lui porter ma part.
Que de maux la langue nous cause!
Quand ce mari sut toute chose,
Il résolut premièrement
D’en avertir secrètement
Monseigneur, puis les gens de ville;
Mais comme il était difficile
De croire un tel cas dès l’abord,
Il voulut avoir le rapport
Du drôle à qui payait sa femme.
Le lendemain devant la dame
Il fait venir frère Girard;
Lui porte à la gorge un poignard;
Lui fait conter tout le mystère:
Puis ayant enfermé ce frère
A double clef, bien garrotté,
Et la dame d’autre côté,
Il va partout conter sa chance.
Au logis du prince il commence;
Puis il descend chez l’échevin ;
Puis il fait sonner le tocsin.
Toute la ville en est troublée.
On court en foule à l’assemblée;
Et le sujet de la rumeur,
N’est point su du peuple dîmeur.
Chacun opine à la vengeance.
L’un dit qu’il faut en diligence
Aller massacrer ces cagots;
L’autre dit qu’il faut de fagots
Les entourer dans leur repaire,
Et brûler gens et monastère.
Tel veut qu’ils soient à l’eau jetés,
Dedans leurs frocs empaquetés;
Afin que cette pépinière,
Flottant ainsi sur la rivière,
S’en aille apprendre à l’univers,
Comment on traite les pervers.
Tel invente un autre supplice,
Et chacun selon son caprice.
Bref tous conclurent à la mort:
L’avis du feu fut le plus fort.
On court au couvent tout à l’heure:
Mais, par respect de la demeure,
L’arrêt ailleurs s’exécuta:
Un bourgeois sa grange prêta.
La penaille, ensemble enfermée,
Fut en peu d’heures consumée,
Les maris sautants alentour,
Et dansants au son du tambour.
Rien n’échappa de leur colère,
Ni moinillon, ni béat père.
Robes, manteaux, et cocluchons,
Tout fut brûlé comme cochons.
Tous périrent dedans les flammes.
Je ne sais ce qu’on fit des femmes.
Pour le pauvre frère Girard,
Il avait eu son fait à part.
Contes et nouvelles en vers par Monsieur de La Fontaine
A Amsterdam chez Pierre Brunel, sur le Dam à la bible d’or, 1709

Couvent des Cordeliers (ancien) (également sur commune de Saint-Nizier-sous-Charlieu):
Arlaud, Georges Louis (photographe) – Ministère de la culture (France), Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

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