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Ah le lilas est tellement beau en avril…

Indémodable ! Son parfum fait partie de nos souvenirs d’enfance et ses bouquets marquent l’entrée du véritable printemps dans la maison quand on peut enfin ouvrir grand les fenêtres et baisser le chauffage.
La tradition veut qu’au potager on sème les pommes de terre dès la floraison annoncée du lilas, tout risque de gelée étant alors normalement écarté.
Cet élégant arbuste est réputé pour sa ponctualité, fleurissant ainsi du 20 au 30 avril à Paris, du 1er au 15 mai à Londres et du 16 au 31 mai à Berlin.

ORIGINE ET HISTOIRE

En 1553, l’apothicaire et naturaliste français P. Bellon décrivait dans ses récits de voyages un curieux arbuste nommé par les turcs “Queue de renard”, probablement en raison de ses grappes florales.
Vers 1556, les premières illustrations peintes du lilas commun arrivent en France, accompagnées de son nom en langue persane : Lîlak ou Nîlak, d’origine hindoue, signifiant “bleu”, “mauve”.
Poussant à l’état naturel dans une région située à l’ouest de la Roumanie, le lilas aurait gagné la cour du sultan de Constantinople par le biais des gardiens de troupeaux qui plantaient ses tiges autour de leurs maisons afin d’en respirer le parfum au printemps.
Quant aux lilas botaniques, ils seraient originaires de Chine, de Corée et du Japon. Mais il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que des missionnaires et botanistes en rapportent quelques tiges.
L’introduction du lilas en Europe est due au diplomate Ogier Ghislain de Busbecq (1522-1592). Ambassadeur auprès de Soliman II dit “le Magnifique”, il se voit offrir par le sultan des plants de lilas pour accompagner son retour en Autriche. En 1575, son dernier mandat le conduit à Paris où il apporte l’arbuste parfumé.

La culture du lilas commun ne se développe que 300 ans plus tard grâce aux travaux de la famille Lemoine de Nancy. C’est en 1968 que la maison Lemoine a fermé ses portes après avoir fait naître 214 variétés de lilas commun.

Le lilas fait partie des Oléacées, une famille qui comprend environ 900 espèces… Le jasmin (Jasminum), le forsythia (Forsythia), l’olivier (Olea), le frêne (Fraxinus), le troène (Ligustrum)…
Quant à l’appellation botanique Syringa , elle a eu un cheminement quelque peu ambigu. En effet, Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) avait choisi le terme Syringa pour nommer l’arbuste que nous connaissons aujourd’hui sous le nom commun de seringat (Philadelphus), appelé encore “jasmin des poètes”. Le terme Syringa vient du mot grec “syrinx”, qui signifie “tuyau vide” ou “roseau”.
Toujours est-il que pour des raisons que l’on ignore, le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) considéré comme le père de la nomenclature binomiale, a décidé d’attribuer le nom botanique de Syringa au lilas en 1753. Aujourd’hui encore, une certaine confusion persiste dans l’appellation du lilas et du seringat.

Linné a choisi le lilas commun (S.vulgaris L.) comme espèce type pour définir le genre Syringa. Toutefois, le Suédois n’a pu nommer que quelques espèces de lilas, car la plupart, d’origine orientale, n’ont été introduites en Occident qu’après sa mort. 

Le Syringa vulgaris, le lilas commun de nos grands-parents, est originaire du sud-est de l’Europe. Les formes aux fleurs simples violettes ou blanches furent ensuite introduites en Amérique du Nord par les premiers immigrants européens.

Vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle, plusieurs cultivars furent créés en Europe, entre autre par les fameux hybrideurs Lemoine.
Avec l’introduction de ces nouveaux cultivars, apparut le nom de “lilas français”
 désignant en bloc les cultivars du lilas commun qui fleurissent vers la fin d’avril. Depuis, ce nombre n’a cessé de croître avec le travail des hybrideurs d’Europe et d’Amérique.
Mentionnons que le Royal Botanical Gardens de Hamilton en Ontario est aujourd’hui l’autorité internationale pour l’enregistrement des lilas.

Un deuxième groupe, les lilas à fleurs de jacinthe (Syringa x hyacinthiflora), réunit les hybrides entre S. vulgaris et S. oblata. D’une grande valeur horticole, leur floraison est hâtive (vers la mi-avril). Les fleurs sont très parfumées, simples ou doubles selon les cultivars.

Un troisième groupe, les Syringa x prestoniae , nommés en l’honneur de Mme Isabella Preston (1881-1966) de la ferme expérimentale d’Ottawa, réunit les hybrides issus du croisement de S. reflexa et de S. villosa. Ces lilas au port évasé ont une floraison plus tardive (vers la mi-mai). Le feuillage est gaufré, les fleurs petites, tubulaires, au parfum subtil. Il y a peu ou pas de drageons.

Un quatrième groupe comporte de très beaux lilas originaires d’Asie : les lilas de l’Amour
(S. reticulata ssp. amurensis), les lilas du Japon (S. reticulata ssp. reticulata) et les lilas de Pékin (S. reticulata ssp. pekinensis)
. Certains cultivars peuvent atteindre une hauteur de 8 mètres. La floraison est tardive (juin), de teinte blanc crème, avec une écorce dorée et un parfum de miel.

JPG - 22.8 ko‘Alvan’

Autres lilas botaniques ou sauvages et croisements interspécifiques :

Syringa x chinensis  : le lilas de Chine,

Syringa x persica  : le lilas de Perse, hybride naturel du lilas à feuilles de persil (S. Laciniata) à fleurs lavande rose très odorantes,

Syringa josikea  : lilas de Josika ou lilas hongrois appelé également “lilas de Transylvanie” très utilisé pour l’hybridation,

Syringa villosa  : le lilas velu, à floraison tardive et résistant au froid, de couleur rose lavande ou blanc,

Syringa meyeri ‘Palibin’ : cultivar nain, feuillage coloré en automne. Appelé “lilas de Corée”,

Syringa pubescens subsp. patula ‘Miss Kim’ : lilas de Mandchourie, à fleurettes simples. Feuillage rougeâtre à l’automne. Fleurit jeune,

Syringa pubescens subsp. microphylla ‘Superba’ : malgré ses petites fleurs, il séduit pour sa floraison quasi continue de mai à septembre et son parfum intense fruité. Il est résistant au mildiou.

Plantation

Il se contente de la plupart des sols, avec une préférence pour les terrains neutres à légèrement calcaires. Le lilas a besoin d’un minimum de six heures de lumière directe chaque jour. Cette quantité de lumière va jouer sur la qualité et la quantité de fleurs.
Il n’aime pas les sols trop mouillés et a besoin d’espace pour bien se développer. C’est une plante supportant bien les climats froids.

Multiplication

Pour l’amateur, la méthode la plus simple reste le marcottage par couchage ou en pot : il suffit d’entailler le rameau au niveau de la partie qui va se trouver en terre, l’enracinement est assez lent (1 à 2 ans).

Pour les plantes provenant de boutures (franc de pied), le recours au drageonnage est la technique la plus simple.

Le greffage est possible, soit sur lilas commun, soit sur troëne, c’est plutôt une affaire de spécialiste.

Le semis n’est guère utilisé que par le spécialiste désireux d’obtenir des nouveautés.

Le bouturage s’effectue soit fin mai en prélevant des portions de rameaux d’un an, soit fin juin avec les pousses terminales. L’enracinement s’effectue assez vite (2 à 3 mois environ).

Taille

La suppression des fleurs fanées est purement esthétique ; il est impératif de ne pas atteindre les bourgeons dormants, ceux-ci se formant en mai, immédiatement après la floraison.
Un lilas peut être rajeuni s’il présente une mauvaise charpente, ou s’il est devenu trop imposant, en coupant les tiges à 20cm du sol.

Principaux ennemis du lilas

Quelques insectes : gracillaria syringella (la mineuse du lilas), cochenilles (2 sortes), l’otiorrhynque, deux champignons (la verticilliose et le mildiou), le campagnol des champs qui dévore l’écorce.
Egalement une maladie bactérienne due à Pseudomonas syringae, qui se manifeste par des flétrissements brusques des jeunes pousses, entraînant dessèchement et mort. Ce sont les gels de printemps et l’humidité qui favorisent l’extension de la maladie.

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