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Architectura Cathedralia

L’architecture propre aux cathédrales fut longuement cataloguée sous la seule étiquette d’art gothique. Ce terme, apparu pendant la Renaissance, fut synonyme de barbarie avec une connotation fortement péjorative (le mot « gothique » venant des « barbares » Goths qui passaient à l’époque pour les initiateurs du style). Il fallut attendre le début du XIXème siècle et l’apparition du terme d’art roman pour distinguer dans l’étendue de ces cinq siècles, les nuances propres à chaque style et leurs différentes filiations. Un rapide tour d’horizon de quelques évolutions techniques architecturales permet de mieux ressentir l’étroite relation existante entre l’évolution des techniques et l’évolution des mentalités de l’époque.

Au commencement, la basilique religieuse

 

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Au IVème siècle, le christianisme, sous l’impulsion de Constantin, devient religion officielle de l’empire romain. De nouveaux lieux de culte sont alors nécessaires afin de permettre à la communauté des fidèles de se réunir. Les architectes de l’époque choisissent de s’inspirer d’un bâtiment jusque là traditionellement réservé à l’usage civil, à savoir la basilique. Durant la fin de l’empire romain vont ainsi coexister des basiliques à usage civil et d’autres à usage religieux, toutes deux basées sur un même plan architectural (un batiment rectangulaire au transept très peu marqué, muni d’un petit renfoncement dirigé plein est). La postérité ne retiendra du nom que le bâtiment à usage religieux.

Puis vint l’église romane

 

Le plan des églises romanes s’inspire fortemement de ces basiliques romaines, d’où l’utilisation du terme d’art roman pour le qualifier. L’aspect rectangulaire est cepedendant déformé par l’accentuation du transept afin d’insister sur la symbolique de la croix. L’une de ses spécificités concerne également le positionnement des absidioles. Ces petites chapelles étaient systématiquement orientées plein est(littéralement tournées vers l’orient). Dans l’église romane, ces absidioles sont rayonnantes, symbolisant les rayons du soleil, la chapelle centrale (dîte axiale) est quant à elle fréquemment dédiée à la Vierge.

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Naissance de la voûte

 

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Afin de rassembler les fidèles, les hommes d’église de cette fin de Xème siècle, s’attèlent à la création d’une tour afin de sonner l’appel à la prière. Attirant désormais la foudre et sujetes aux incessantes invasions, les premières églises romanes sont fréquemment incendiées, charpente en bois et toiture de chaume facilitant un développement rapide de la combustion. Afin de limiter ces incidents, l’usage du bois est peu à peu remplacé par celui de la pierre. On invente alors durant le cours du XIème siècle de multiples manières de voûter une église au moyen de pierres. Les architectes-moines de l’époque voient dans son usage l’alliance parfaite entre les contingences matérielles de résistance et l’esthétique du symbolisme; la ligne courbe traduisant mieux l’image de l’éternité, la forme arrondie apparaîssant comme le reflet de la voûte céleste.
Le problème posé par la vouté pierrée est alors le suivant : les murs de soutien doivent pouvoir supporter une charge supplémentaire et contrecarrer des forces désormais exercées à l’oblique du fait de la forme des pierres utilisées.
Pour éviter l’effondrement, les murs sont donc élargis et ne peuvent que ponctuellement être percés de petites fenêtres. Les premiers églises voutées sont ainsi compactes et faiblement éclairées. L’éclairage est indirect, provenant principalement des collatéraux (bas-cotés).

Technique de l’épaulement

 

Les architectes du premier art roman (950 à 1050), trouvent alors une solution pour supporter la voûte dans la technique de l’épaulement. Il s’agit d’exercer une poussée tranformant la charge oblique en force verticale, grâce à un élément triangulaire placé à l’extérieur de l’édifice, nommé contrefort ou culée (1). En permettant de compenser les forces exercées par une voûte en pierre (2), l’usage de ces contreforts devient récurrent et s’impose comme un élément important de l’esthétique roman.

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A partir de 1050, débute le second art roman qui voit l’invention de deux nouvelles techniques majeures : la voûte d’arête et le contrebutement.

La voûte d’arête

 

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Classiquement les voûtes étaient principalement des voûtes dites « en berceau » reposant sur des murs quasi plein dont l’épaisseur s’avèrait non négligeable afin de supporter l’ensemble. L’utilisation de la « voûte d’arête », formée de deux voûtes en berceau se coupant perpendiculairement, permet d’alléger la structure de maintien. Les forces exercées sont en effet déportées sur les quatres piliers et permettent de libérer de l’espace entre les piliers centraux.

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Le contrebutement

 

La technique du contrebutement vient compléter les premisces d’une architecture dynamique, jouant sur l’équilibre des forces en présence. A la différence de l’épaulement (1), il s’agit d’opposer aux forces obliques descendantes générées par la voûte, des forces obliques montantes. Les deux forces, en opposition, tendent alors à se neutraliser. Pour contrebuter une voûte en berceau située dans la nef centrale (2), les architectes lui opposent une voûte en demi-berceau (4) placeées au dessus des voûtes d’arêtes des bas-cotés (3).Une conséquence directe du contrebutement est la création d’un deuxième niveau au dessus des collatéraux (3), dans lequel les fidèles peuvent désormais s’installer : les tribunes.

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La façade harmonique

 

La façade dîte «harmonique» est le premier élément qui annonce le règne de l’art gothique. Constituée de deux tours encadrant un portail, cette facade annonce la structure intérieure du plande l’église, à savoir les deux collatéraux encadrant la nef centrale. Les différents niveaux présents dans la facade explicitent l’organisation interne des étages. Classiquement au nombre de trois, ils correspondent au rez de chaussée, aux tribunes des collatéraux et enfin aux fenêtres de la nef. Cette correspondance architecturale entre la facade extérieure et l’organisation intérieure (plan et étages) sera systématiquement reprise par toutes les cathédrales gothiques à venir.

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Le passage au gothique motivé par un renouveau spirituel

 

Au XIIème siècle se produit une renaissance intellectuelle marquée par un regain d’intérêt pour l’Antiquité et notamment la philosophie d’Aristote. Son oeuvre préconise une observation et une analyse minutieuse de la Nature. Dieu a créé une réalité rationnelle qui mérite toute notre attention. Dieu a créé la lumière physique et la raison humaine. Les bâtisseurs du XIIème siècle sont alors obsédés par cette recherche d’une cathédrale inondée de lumière. Las du confinement et de l’obscurité des églises romanes, l’art gothique emploie tous les moyens pour introduire toujours plus de lumière.

La voûte d’ogive

 

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Durant la fin de l’art roman, la voûte d’arête avait permis d’alléger le poids supporté par les murs ou piliers. Les ouvertures permises et les gains de luminosité associés n’étaient pas suffisants au goût des bâtisseurs de l’époque. Pour palier à ce déficit de lumière, ces architectes transforment peu à peu la voûte d’arête en une voûte d’ogive. Cette dernière est composée d’un croisement d’arc sur lequel repose la voûte dont la poussée est désormais intégralement rejetée sur les piliers. Entre ces piliers, aucun élément de support n’est nécessaire, les bâtisseurs peuvent donc y placer de nombreuses ouvertures et permettre un gain d’espace corrélat d’un gain de lumière.

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L’arc-boutant

 

L’arc-boutant est la seconde grande invention de l’époque gothique, particulièrement utilisé durant le XIIIème siècle en complément de lavoûte d’ogive. Les forces résultantes des voûtes d’ogives ne s’avèrent pas exactement verticales mais légèrement obliques. Afin de compenser cette poussée, il convient d’y opposer une force montante. Placés à l’extérieur de l’édifice, au niveau du haut des colonnes, les arc-boutants (9) neutralisent par leur propre poussée celle de la voûte. Cette poussée est compensée par l’arc puis par la culéé (11)(héritage de l’art roman). Cette invention permet d’augmenter considérablement la hauteur des cathédrales. S’en suivra une course effrénée à celui qui aura la plus grande, la plus haute. (Chartres 64 mètres de large, 130 mètres de long, Amiens 42 mètres de haut sous voûtes, Beauvais 48 mètres sous voûtes avant de s’effondrer)

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http://fr.chartressecrets.org/templiers.htm

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