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Découvertes (Arles 3)

11 juillet 2013, par Lunettes Rouges

Emilie Saubestre, Autoportrait pour autoportrait, ST, 2013

Une des surprises les plus frappantes cette année au Prix Découverte est que plus de la moitié des dix sélectionnés pratiquent une photographie non standard, et s’éloignent de la représentation classique de la réalité, qu’on voit presque partout ailleurs; ce qui désarçonne certains conservateurs. Il peut s’agir simplement de l’utilisation de techniques anciennes, comme les négatifs sur papier ciré (à la LeGray) de Martin Beckaqui transforme ainsi les édifices triomphateurs de Dubaï en monuments antiques, les ferrotypes nostalgiques de Craig Barber, ou les (peu engageantes) cartes de visite repeintes de Marcela Paniak.

Lauren Bon, 11/09/11, Manhattan, 2011

À côté des abstractions géométriques noir et blanc de Clare Strand, j’ai surtout remarqué les (faux) sténopés géants de Lauren Bon (faux car sa caméra liminale ajoute un objectif sur son container transformé en camera obscura) qui montrent un lac californien s’asséchant du fait de la consommation d’eau des Angelenos, l’usine Kodak abandonnée de Rochester (image éminemment symbolique) ou une vue de Manhattan dix ans après le 11 septembre depuis une barge. Au milieu de ces images sombres et dramatiques, une image aux mêmes dimensions géantes est au sol : elle a longtemps séjourné dans l’eau et s’est peu à peu décomposée, les affleurements de sels argentiques brouillent l’image d’une maison qui s’estompe. Une fois de plus, il est question de disparition…

Alison Rossiter, Eastman Kodak Velox, périmé en septembre 1937, développé en 2008

Mon vote est allé à Alison Rossiter (dont j’ai déjà parlé ici et ) pour la pureté de son travail avec des papiers photographiques périmés depuis des décennies qu’elle développe tels quels, faisant apparaître d’étranges motifs dus à la pénétration de la lumière, à l’oxydation, ou, parfois, aux doigts gras d’un opérateur qui remit le papier dans le paquet après l’avoir touché. Elle se contente parfois de témoigner ainsi de ce passage, de ce dépassement, de ces traces inhumaines, et, parfois, elle joue avec ce papier et le révélateur, sans autre intervention lumineuse, sans autre impression du réel, faisant surgir des paysages abstraits, des tornades ou des lacs. Ces papiers ne se trouveront bientôt plus, c’est un peu un chant du cygne

Yasmine Eid-Sabbagh et Rozenn Quéré, Possible and Imaginary Lives, 2012, vue d’exposition

…. la suite sur…..

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/

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