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LA GARDUNA

La Garduna, une très antique société secrète espagnole, prit naissance peu après la première bataille contre les Arabes. Elle opposa une résistance farouche à l’envahisseur lors de la conquête de la péninsule ibérique par Tarik ibn Ziyad le célèbre chef berbère qui commandait aux troupes musulmanes.

La légende dit que Dieu le père, mécontent des Chrétiens qui vivaient dans le péché laissa, pour les punir, les Maures envahir l’Espagne. Mais la Vierge sainte de Cordoue, en butte aux avanies des Mécréants se réfugia chez les héroïques guerriers chrétiens des montagnes. Dieu, dans sa mansuétude laissa seuls survivre les élus choisis pour reconquérir le pays et balayer l’Infidèle. Ils durent se battre durant sept cents ans pour bouter l’ennemi hors d’Espagne.

tarik-ibn-ziyad

Tarik-ibn-ziyad
Ce sont les larmes de la Vierge de Cordoue qui adoucirent leur punition et les sauvèrent de la destruction totale. Ce fut grâce à Elle que le peuple espagnol l’emporta finalement, en confiant à la Garduna la divine mission de sa libération.

Les rares Espagnols réfugiés sur les hauts plateaux regroupés en bandes, harcelaient l’ennemi sans parvenir à stopper l’invasion.

Or, dans la Sierre Morena sauvage et déserte, vivait Appolinario, un saint ermite qui se consacrait à la dévotion de la Sainte-Vierge. Elle le choisit comme messager pour dévoiler aux résistants leur magnifique mission. Elle apparut au saint homme et lui révéla que la victoire des Maures était due au châtiment divin.

Ce fut en suppliant le Christ d’intercéder auprès du Père, en faveur de ces guerriers farouches qui maintenaient son culte, en lui vantant leurs fières qualités, qu’Elle leur obtint miséricorde. Profitant de la mansuétude de Son Fils, elle Lui demanda de laisser l’ermite sauver l’Espagne. Il accepta.

vierge de cordoue

Vierge de Cordoue
L’anachorète fut dès lors chargé de rassembler les patriotes et de marcher à leur tête, sus à l’ennemi, au nom de la Vierge de Cordoue. Comme récompense sur cette terre, ces guerriers auraient droit de s’approprier, par quelque moyen que ce fût, toutes les terres et possessions des Infidèles.

Ayant obtenu l’indult, la Vierge oignit l’ermite et lui remit un bouton qu’elle avait elle-même arraché à la tunique de son Fils. Cette relique aux pouvoirs miraculeux rendit le saint homme invulnérable aux armes humaines. Quiconque en porterait une semblable échapperait à la mort, aux Maures et à tous les hérétiques.

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Saint Apollinaire
L’ermite fonda la Santa Garduna, autorisée par la plus haute autorité qui soit, à tuer en toute impunité les ennemis de la Foi. De ce mandement divin date la coutume de consacrer religieusement les troupes avant le combat. Avant de prendre une décision quelconque, les affidés interrogeaient la Bible selon l’antique méthode de la bibliomancie, qui consistait à ouvrir le livre saint au hasard et à interpréter le message ainsi désigné.

La Garduna se vante de douze cents ans d’histoire continue. Elle revendique la responsabilité de l’écrasement final de la puissance arabe en Europe et se proclame l’instrument favori de la sainte Inquisition contre les Juifs, les Musulmans et tous les hérétiques qui infestaient la très catholique terre espagnole.

La grande époque de la Garduna se situe au règne de Ferdinand le Catholique et de sainte Isabelle qui entreprirent au XVe siècle une croisade sanglante pour extirper l’influence arabe de toute l’Espagne. Mais la noblesse de la cause, la fierté et le farouche désintéressement de ses membres sombra au fil des ans pour laisser place à une société de contrainte, voire criminelle.

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La « question »
Lorsque la Garduna décidait de liquider une personne, l’opération s’accomplissait avec une remarquable perfection. Dévoyée dans ses objectifs, elle négligea aussi de vérifier la moralité de ses membres.

La Garduna comportait neuf degrés initiatiques. Les chivatos (chèvres), étaient de simples néophytes. Les serviteurs des membres haut gradés, les espions, les éclaireurs et les porte-flingues se recrutaient parmi eux. Les femmes n’étaient pas exclues. Les cobertas (couvertures) étaient de vulgaires putains. C’est elles qui arrêtaient les voyageurs sur les routes, engageaient la conversation, se glissaient dans les maisons des nobles suspects, entraînaient les hommes dans les embuscades.

Les serenas (sirènes) étaient de jeunes filles pauvres, souvent orphelines, se faisant passer pour des femmes du monde. Les fuelles (soufflets) étaient de vénérables vieillards à l’aspect respectable. Ils se liaient d’amitié avec les sujets soupçonnés d’hérésie, futures victimes de la Garduna. La mission desfuelles était aussi de négocier les opérations délicates avec les représentants de l’Inquisition.

inquisition

Inquisition par Goya
Les floreadores (athlètes) comprenaient les « gros bras » capables de tous les mauvais coups. Souvent bagnards ou galériens libérés ou en cavale, ils formaient le pivot des commandos d’attaque. Les ponteadores ou hommes d’épée étaient des bretteurs de petite noblesse pauvre. C’est dans cette classe déjà plus raffinée que l’on recrutait les guapos (meneurs). Les magistri, chefs religieux issus de la noblesse, représentaient le clergé. Ils cumulaient les fonctions administratives et cléricales.

Les capataz, ou commandants régionaux exécutaient les ordres du chef suprême, le « Grand Frère » ou « Grand Maître », connu aussi sous le nom de Maître Hermano. Sa parole faisait la loi. Sa discipline de fer en imposait même aux princes. La Garduna n’était donc pas seulement une société de guerriers elle finit par s’ériger en véritable Mafia.

La gamme de ses activités s’étendait des enlèvements et rapts politiques, aux faux témoignages lors des procès de l’Inquisition, à la vente des ennemis comme esclaves, à la falsification de documents. Ces occupations de moins en moins raffinées se réalisaient grâce à la coopération du clergé dont la parole servait de garant en cas d’accusation de vilenie. Si la Garduna déclarait qu’un homme allait être assassiné tel jour à tel endroit, on retrouvait immanquablement son cadavre au jour et au lieu dit.

ferdinand

Le roi Ferdinand
Ce ne fut qu’en 1822, après que le roi Ferdinand fût contraint de reprendre la constitution libérale votée par les Cortès, qu’une offensive légale contre la Garduna porta ses fruits. L’organisation prenait soin de ne garder aucun papier compromettant sur ses activités et ses lois, mais elle fut assez vaine pour conserver une relique historique, relatant en détail tous ses hauts faits: ce livre fut saisi en 1821 dans la maison du grand Maître Francisco Cortina et servit de base à la comparution de l’Ordre en justice.

Le 25 novembre 1822, le dernier Grand Maître officiel et seize de ses principaux officiers furent publiquement pendus sur la place du marché de Séville. Mais plusieurs rameaux de l’organisation subsistèrent en Amérique du Sud.

Lorsque Franco débarqua en Espagne à la tête de ses Maures pour combattre les Républicains, des unités adoptèrent comme cri de guerre le fameux: « Rappelez-vous la Sainte Madone de Cordoue ! »

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Général Franco
On raconte qu’après la guerre, le mot de passe de la Garduna: « Muerto a los marranos ! (Mort aux Porcs) servit encore à des anciens Nazis traqués, à gagner l’Amérique du Sud sains et saufs, pris en charge par la Garduna.

Isodoro Cuadrado de Santa Isabel – Barcelone

Saint Yves d’Alveydre estimait que « La Providence divine servie par la volonté humaine est la seule capable de faire durer les Empires. Elle se réalise surtout par des actes, et l’arbitraire faisant place à l’arbitrage, le droit primant la force, la clémence et la justice réelles tempérant la rigueur dans le gouvernement, peuvent réaliser sur terre ce principe du Ciel. »

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