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Némésis

Némésis

Némésis (au frein) 1560 d’après Véronèse Villa Barbaro

Némésis (Nemesis) était la déesse de la Vengeance et de la Justice distributive (à chacun son dû). Selon Hésiode, Némésis était la fille de la Nyx par parthénogénèse; suivant d’autres auteurs, elle était la fille d’Erèbe (Hygin), ou d’Océan (Tzétzes) ou de Dikè, la Justice.

Némésis personnifiait la loi morale qui réprouve tout excès (hybris, la démesure en grec) et la jalousie divine qui frappe la prospérité trop éclatante des mortels qui osent se comparer aux dieux.

Les surnoms les plus ordinaires de Némésis sont:
— Adrastée tiré soit du sanctuaire élevé par Adraste, soit du mot grec, qui la désigne comme la déesse à laquelle on ne saurait échapper;
— Rhamnusie qui lui fut donné à cause du temple qu’elle avait à Rhamnus ou Rhamnonte, village de l’Attique.
On l’adorait aussi à Smyrne, à Patres, à Cyzique, et quinze autels, dit-on, lui étaient dédiées sur les bords du lac Moeris. Le temple le plus célèbre de Némésis était celui de Rhammonte, en Attique.

LEGENDE
Némésis
Némésis d’après Gheorghe Tattarescu

Némésis apparait peu dans les mythes. Dans les tragédies grecques, Némésis apparaît principalement comme la déesse vengeresse qui punit les crimes liés à l’hybris.
D’après une légende rapportée par Callimaque, elle serait la mère d’Hélène.
Zeus s’éprit de Némésis. Cette dernière ne souhaitant pas l’avoir pour amant, elle tenta de lui échapper en métamorphosant en divers animaux (y compris un poisson) mais cela ne découragea pas Zeus qui pouvait en faire tout autant.

Finalement, alors que Némésis avait revêtu la forme d’une oie sauvage, Zeus se transforma en cygne et réussit à l’approcher seul ou sans doute avec la complicité d’Aphrodite qui, transformée en aigle, fit mime de pourchasser le pauvre cygne. Ce dernier trouva naturellement refuge auprès de Némésis qui, naïve, l’enveloppa tendrement dans ses ailes et s’endormit.

Zeus abusa de son sommeil et l’oie-Némésis pondit quelques temps plus tard un oeuf qu’elle déposa du coté de Sparte où il fut donné par un paysan ou par Hermès à Léda, la femme de Tyndare. Ici on retrouve la légende classique d’Hélène.

Némésis châtia Aura (Brise) l’orgueilleuse nymphe chasseresse qui avait offensé Artémis en se moquant de sa virginité. Toutefois, par souci de justice, la punition fut moins dure que ce que la déesse avait souhaité en voulant la changer en statue de pierre (Nonnos XLVIII).

ICONOGRAPHIE
Némésis
Némésis (1501-1503) d’après A. Dürer

A l’origine l’art antique représentait Némésis sous les mêmes traits que Vénus; c’est du moins ce qu’on peut conjecturer d’un passage de Pline, où il est dit qu’Agoracrite, élève de Phidias, ayant manqué le prix du concours, n’eut qu’à changer les attributs de la statue de Vénus qu’il avait présentée, pour en faire une Némésis.

Plus tard on la représenta avec une figure grave et sévère. De nombreuses médailles nous la montrent écartant de la main droite des vêtements qui lui couvrent la poitrine, et dirigeant ses regards sur son sein. Elle tient dans sa main gauche une coquille, un frein ou une branche de frêne, et dans la droite une mesure; quelquefois on voit à ses pieds la roue de la fortune et un griffon. Rarement elle a des ailes.  

Il y avait à Rhamnus une célèbre statue de Némésis, taillée par Phidias dans le marbre qu’avaient apporté les Perses pour élever un trophée lorsqu’ils croyaient remporter la victoire à Marathon.

NemesisSur les monnaies de Smyrne, une double Némésis était représentée debout sur un char tiré par deux griffons car à Smyrne on adorait deux Némésis; Alexandre reçut d’elles l’ordre de rebâtir la ville. Ce dédoublement de la grande déesse ne parait pas appartenir à une haute antiquité.

 

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