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Poètique ce jardin…

 

Le Luxembourg

Au Luxembourg souvent lorsque dans les allées

Gazouillaient des moineaux les joyeuses volées

Qu’aux baisers d’un vent doux sous les abîmes bleux

D’un ciel tiède et riant, les orangers frileux

Hasardaient leurs rameaux parfumés, et qu’en gerbes

Les fleurs pendaient du front des marronniers superbes,

Toute petite fille, elle allait du beau temps

A son aise jouir et folâtrer longtemps,

Longtemps, car elle aimait à l’ombre des feuillages

Fouler le sable d’or, chercher les coquillages,

Admirer du jet d’eau l’arc au reflet changeant,

Et le poisson de pourpre, hôte d’une eau d’argent ;

Ou bien encor partir, folle et légère en tête,

Et, trompant les regards de sa mère inquiète

Au risque de brunir un teint frais et vermeil,

Livrer sa joue en fleur aux baisers du soleil

Théophile Gautier Poésies complètes

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