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PSYCHANALYSE DES CONTES DE FEES par Marc Alain Descamps – Les contes – part I

Bruno Bettelheim a écrit un livre sur ce sujet, mais selon l’inconscient anglo-saxon et au premier niveau de l’Œdipe. Ici nous analysons les 11 Contes de Perrault qui sont dans  l’inconscient culturel des Français, hérité de Notre Mère l’Oye. Chaque conte  correspond à la psychanalyse d’un enfant jusque dans l’inconscient archaïque atteint par le Rêve-éveillé, avec cette particularité remarquable que tout est traité du point de vue féminin et avec plus de profondeur.

A. LES CONTES

 Les contes ne sont pas des enfantillages ni des histoires de nourrices justes bonnes à amuser les enfants. On commence seulement à comprendre qu’ils sont riches d’enseigne­ments. Ils sont d’abord un irremplaçable ré­pertoire d’expériences sous formes de symbo­les : les Evangiles du peuple.
Les contes traduisent l’incons­cient collectif de la communauté qui les a sécrétés. Ils contiennent des images-forces d’une puissance considérable. En tant que messages de l’in­conscient, ils relèvent de la psychanalyse.

Les contes sont des oeuvres de sagesse ; produits par l’inconscient collec­tif, ils ne sont inventés par personne. Ce sont des histoires que l’on se transmet ora­lement. Par conséquent, ils sont constamment réactualisés. Un conte est vivant, car il est le miroir de l’âme d’un peuple. Chaque conteur brode sur le thème originaire. Ecrire un conte, c’est le figer et le tuer. Les contes écrits sont morts, leur évolution est arrêtée. Aussi ne peut-on plus les racon­ter. On se contente de les lire. Et par conséquent, leur public change.
Les contes ne sont pas des histoires à dormir debout. Ce ne sont pas des divertisse­ments pour analphabètes, ni des histoires pour faire peur aux enfants. La preuve c’est qu’au­trefois ils étaient racontés aux adultes. Le conte n’est pas récité par n’importe qui, n’im­porte quand, ni n’importe comment. Le con­teur est une personne inspirée, reconnue par sa communauté, et qui a commencé à voir apparaître ses premiers cheveux blancs. La place du conte est, lors des veillées, devant le feu.

 

Le conte se différencie de la fable, qui a une conclusion moralisante, de la parabole, qui est une métaphore développée,  des légendes, qui ont un fondement historique déformé et des mythes, qui racontent une histoire unique et originaire, un événement prodigieux, terrifiant, au début du temps.
Au contraire le conte arrive à n’importe qui, vous et moi. Les personnages n’ont pas de nom (la Belle et la Bête, le Chat Botté, le roi, le prince, un pauvre bûcheron…) ou un nom simplement descriptif (la cendre donne Cendrillon ou Cucendron ; le bonnet, le petit chaperon rouge…). L’histoire est un mélange d’événements ordinaires et de faits merveil­leux. La conclusion est heureuse, les contes sont optimistes. Les leçons sont très diverses et peuvent être différentes pour chaque enfant. En général, chaque enfant a un conte préféré qu’il faut sans cesse lui raconter jusqu’à ce qu’il en ait saisi le sens profond et que le problème correspondant ait été dépassé par lui. Mais actuellement les grand parents doivent de toute urgence raconter tous ces contes de fées, à la période favorable avant la concurrence de la T.V. des dessins animés, des bandes dessinées et des livres pour enfants.

Le mythe pose le fondement des choses alors que le conte en maintient le déroulement. Les mythes représentent souvent les exigences ir­réalisables du surmoi alors que les contes dépeignent, sous une forme initiatique, l’inté­gration du moi.

Le temps du conte est indéterminé, dans une période indatable, mais non originaire. In illo tempore, en ce temps là… Il était une fois… Du temps que les bêtes parlaient… Il y avait autrefois… Dans l’ancien temps… Il y a de cela mille ans…» Mais cela se situe dans le temps et non au début des temps comme le mythe. Ce n’est pas le temps du début, mais le temps d’après.
Au-delà, ce sont aussi des histoires d’enseignements, des essais déguisés pour dé­crire l’indescriptible. Ils présentent la muta­tion de la conscience, indispensable pour atteindre l’Eveil. Ils nous transportent au royaume du merveilleux et nous parlent d’un mode ancien de commu­nication : l’enchantement de la nature. Ils nous révèlent les pouvoirs profonds de l’hom­me. Ce sont de plus des charmes et des opérations magiques. Et ces histoires irréelles sont donc très vraies.

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