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Le stalking, qu’est-ce que c’est ?

Après le sexting ou le happy slapping, célébrons l’arrivée d’un nouveau terme anglophone à la mode : le stalking. Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Et vous, êtes-vous plutôt stalker ou victime de stalking ?

«Le stalking, c’est l’obsession qui se nourrit de harcèlement et de voyeurisme» explique Anya B., agent artistique, en charge de plusieurs acteurs et actrices. «Plus précisément, les adeptes du stalking sont des gens obsédés par une personne – le plus souvent, une célébrité – au point de surveiller ses moindres faits et gestes et de vouloir tout savoir sur elle ». Peu utilisée en France, l’expression est de plus en plus usitée aux Etats-Unis où «to stalk» signifie «traquer». Plusieurs sites anglophones sont d’ailleurs consacrés à la pratique, expliquant comment s’en prémunir et comment reconnaître les «stalkers» en puissance.

Stalking de stars

Plusieurs personnalités auraient été victimes de stalking, qui peut parfois se muer en véritable harcèlement et en menaces physiques directes. Ainsi, récemment, la plus hollywoodienne des actrices françaises, Marion Cotillard, a été victime de stalking : une fan américaine, littéralement obsédée par la star, avait réussi à reconstituer son agenda en s’informant via des interviews ou des plannings publics. « Les célébrités se rapprochent de plus en plus de leurs fans, en ouvrant des comptes Facebook ou Twitter, des blogs, en communiquant à outrance… On se souvient de Michaël Youn cambrioléaprès avoir posté une photo depuis son lieu de villégiature. Les suivre dans leurs déplacements est devenu un jeu d’enfant…» note encore l’agent artistique.

Désaxée, la fan obsédée par Marion Cotillard passait ainsi ses journées sur le net. Elle envoyait régulièrement des messages indirects à Marion Cotillard via des sites de fans, des blogs ou des forums, reprenant son adresse, parlant de son fils Marcel, lui déclarant alternativement son amour ou sa haine, ou lui proposant de «jouer à la roulette russe». Elle a été arrêtée par les autorités américaines avant d’être libérée sous caution.

Avant elle, Angelina Jolie avait été victime de fans de Jennifer Aniston qui la traquaient pour se venger de lui avoir «piqué» Brad Pitt, et encore bien avant, des stars comme Jodie Foster ou Michael Jackson avaient été victimes d’intrusions à leur domicile pendant leurs déplacements publics.

Victime de stalking

Mais les «people» ne sont pas les seuls à être victime de stalking. De plus en plus d’anonymes sont victimes de ce comportement incongru, qui peut commencer par une tentative d’approche amicale pour se muer en haine obsessionnelle. Et le web, quand il est mal utilisé, facilite grandement la pratique… Laure, jeune femme de 26 ans, a croisé le chemin d’une «stalkeuse». «Tout a commencé par une banale conversation sur un forum… On évoquait un fait divers et je n’étais pas d’accord avec une autre internaute. Quelques jours après, j’ai reçu un mail de sa part dans lequel elle retraçait l’ensemble de mes interventions sur différents forums et blogs !», mais la «stalkeuse» ne s’est pas arrêtée là : «Un mois après, je l’avais totalement oubliée, quand elle m’a envoyé un nouveau mail avec mon adresse personnelle. Elle terminait par une allusion à ma profession ! Puis, j’ai reçu des appels téléphoniques muets en pleine nuit…! C’était très flippant. Avec l’aide d’un ami, j’ai retrouvé son adresse IP et fait des captures d’écran de ce qu’elle m’avait envoyé, et j’ai déposé une main courante pour harcèlement. Alors seulement elle a cessé de m’importuner..

Le phénomène intrigue, à tel point que plusieurs vidéos parodiques du type «How to become a stalker» proposent de devenir un «stalker» quasi professionnel. La chaîne CBS, de son côté, explique dans cette émission comment se protéger des «stalkers» et autres harceleurs. Parmi les conseils délivrés, éviter d’emprunter toujours le même chemin pour se rendre au travail afin d’être moins prévisible, changer régulièrement ses mots de passe, et éviter les applications comme Foursquare, signalant en temps réel le lieu où vous vous trouvez.

Le stalking et vous

Si se faire traquer s’avère souvent désagréable, sans nous en apercevoir, nous nous muons parfois nous-même en «stalkeuse». Marina l’est devenue sans le vouloir vraiment, en espionnant son ex copain. «Au début, je questionnais ses amis : si j’apprenais qu’il allait au cinéma, je m’y rendais aussi et le croisais par hasard… Petit à petit, ils en ont eu assez et ont cessé de répondre à mes questions. Alors, je me suis tournée vers Facebook : j’ai créé un faux profil, ajouté mon ex et sa nouvelle copine. Chaque matin, je me connectais et j’allais voir ce qu’ils faisaient, leurs photos… très vite, ça ne m’a plus suffit. J’ai cherché ses fiches sur Copains d’avant, Viadeo, tapé ses pseudonymes sur plusieurs moteurs de recherche, et j’ai trouvé sa nouvelle adresse sur un site de pétitions en ligne… Chercher des infos sur lui sur Internet me prenait plusieurs heures par jour !»

Complètement obsédée par ses activités de «stalking», Marina a découvert le terme par hasard. C’est à ce moment-là qu’elle a réalisé souffrir d’une pathologie… très répandue. Sur de nombreux forums, les internautes avouent être en proie à une obsession se muant en voyeurisme extrême, voire en harcèlement. Si les causes du stalking peuvent être variées, on trouve souvent leur origine dans la personnalité du «stalker» : failles narcissiques, faible estime de soi, troubles du comportement… Parfois, il s’agit d’érotomanie comme dans le film «A la folie, pas du tout»  (de Laetitia Colombani, sorti en salles en 2002) dans lequel Audrey Tautou, persuadée de vivre une relation avec Samuel Le Bihan, se mue en dangereuse «stalkeuse»… Dans tous les cas, l’intervention d’un professionnel s’avère nécessaire.

Aux Etats-Unis, le stalking est sévèrement condamné depuis les années 80. En France en revanche, aucune loi n’existe encore sur cette forme particulière de traque malveillante…

Marlène Schiappa © Pampa Presse

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