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Les Nouveaux Chiens de Garde

medias corrompusSous les bons conseils de Merome qui sera content que je le cite une fois de plus et après avoir vul’excellent Cloclo et le tristissime La Taupe ces deux derniers jours pour le Printemps du Cinéma, j’ai vu ce soir Les Nouveaux Chiens de Garde.

Les Nouveaux Chiens de Garde est à la base un essai politique de Serge Halimi paru en 97 puis réédité en 2005 concernant les médias. Il a connu un très fort succès à l’époque et on était en droit d’attendre qu’il en soit de même adapté au cinéma. C’était sans compter un tristement logique boycott des UGC et autres Pathé, créditant un peu plus la thèse du film en question.

En ce premier jour du printemps, je suis donc allé voir Les Nouveaux Chiens de Garde au bon vieux Cinéma National Populaire de Bellecour, cinéma ayant l’air en surcis eu égard aux incitations au soutien affichés dans son hall sur des bouts de carton.

Synopsis from moi-même : Sur la base d’un fil rouge montrant le ministre de l’information en 1963 venir dire aux téléspectateurs comment les chaînes devraient traitée l’information à la télévision désormais, le film montre à quel point les sphères politiques, médiatiques et patronnales sont intimement liées jusqu’à amener un autre fil rouge : leur déjeuner mensuel au Siècle, tous en commun : patrons, journalistes, politiques.

Mon avis : Je suis sorti dégoûté de cet excellent film.

Et pour compléter, je reprendrai une phrase de Merome là aussi :

Démerdez-vous pour voir et faire voir ce film à un maximum de gens !

Pour être franc, le film en lui-même est donc plutôt un documentaire. Un enchainement de témoignages et surtout de démonstration à travers des extraits d’émissions révélateurs du malaise.

L’exemple de Michel Field est marquant, il se fait connaître en tant que révolutionnaire rouge à faire passer Besancenot pour un trader et finit animateur de congrès à l’UMP.

Il y a aussi Yves Calvi dans Mots Croisés en 2005 lors des émeutes qui engueule littéralement et va jusqu’à répéter 4 ou 5 fois la même chose à l’encontre d’un éducateur social de cité qui n’appelle pas assez au calme à son goût.

Et j’ajouterai aussi l’inégalable Christophe Barbier que je me suis surpris, dans un excès primitif et pas excusable mais tout de même révélateur, à traiter de fils de p*** lui et son écharpe rouge suite à son échange surréaliste avec BHL. Désolé Christophe hein, mais c’est sorti tout seul.

Deux réflexions s’instaurent alors dans mon esprit simple.

Tout d’abord, et elle ne concerne pas directement le problème des médias, la violence psychologique de la pauvreté, de la misère, l’oppression de la classe riche sur les ouvriers, les employés et les chômeurs n’est-elle pas plus virulente que celle des émeutiers de 2005 ou des ouvriers séquestreurs de patrons de 2007-2009 ? Surtout, n’est-elle pas moins légitime ?

Les émeutiers et ouvriers agissent comme tel dans l’énergie du désespoir, désarmés, à boût. Les patrons et dirigeants agissent eux avec préméditation, tout est calculé afin d’optimiser une seule chose : leur profit.

Qui sont les vrais délinquants ?

Deuxième chose et là j’en reviens au fond même du long métrage, regardez bien cette carte des médias :

Qui sont les plus gros ? Lagardère, LVMH, Bolloré, Pinault Printemps La Redoute, Vivendi Universal, Bouygues, Bertelsmann.

Soit autant de multinationales concernées aussi par du commerce d’armes ou de BTP par exemple, dont les patrons n’ont aucune gêne à s’afficher comme amis ou proches du Président de la République actuel.

Et y’a rien qui vous choque ?

Si, j’espère hein…

Alors vient ensuite deux sentiments :

Le premier est d’impuissance. C’est l’jeu ma pauv’ Lucette. que veux-tu qu’on y fasse, c’est comme ça épicétou. Il est probable que certains se soient dit ça aussi entre 1789 ou même plus récemment en 1940. Et pourtant.

Et c’est là que DOIT arriver le deuxième sentiment : la responsabilité.

La responsabilité vis-à-vis des générations futures et aussi de nos contemporains. Parce que ceux qui comme moi ont la chance d’avoir un espace d’expression LIBRE, nous devons nous en servir pour faire exister une VRAIE pluralité de l’information, à contrario de cette bouillie de faits divers et de marronniers servis à la télé, à la radio, dans la presse papiers et également désormais chez les pure players de l’info sur le web.

Une idéologie du web est le partage, le partage d’information, la communication horizontale. C’est à chacun de nous de transmettre les messages importants et d’inciter les autres à prendre la parole, à en parler autour d’eux. A agir.

La pluralité de l’information baisse actuellement au même rythme que la culture générale enseignée à l’école de la République. L’outil Internet doit être là pour compenser cette démission volontaire de la classe dirigeante dans l’implication de son peuple aux affaires qui le concernent.

C’est juste un combat vital pour garantir un des principes de bases de toute société civilisée : la liberté.

Ma note Allociné : 4,5/5

Ma note Sériebox : 9,5/10

La vidéo qui suit est un extrait du film suivi de l’intervention sur France 3 d’un des réalisateurs du film. Fort intéressant, surtout la prise de position de Bruno Gaccio :

Les Nouveaux Chiens de Garde est encore à l’affiche ce mercredi et les 6 jours suivants à Lyon au CNP Bellecour à 19h40.

J’aimerai beaucoup que des gens ayant vu ce film nous donnent leur impression et qu’on en discute… Et ceux qui ne l’ont pas vu ou n’ont pas envie de le voir, aussi. Pourquoi ? Pourquoi cette démission ?

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