Skip to content

3. 1984 de George Orwell (1949)

ernier roman écrit par George Orwell un an avant sa mort, 1984 représente toujours, plus de cinquante ans après sa parution, l’un des livres ayant dénoncé avec le plus de force les régimes totalitaires. La phrase « Big Brother is watching you » est entrée depuis longtemps dans le langage courant pour désigner toute diminution des libertés. Rédigé en 1948, le livre devait être la vision d’Orwell de l’Angleterre de cette époque. Mais, devant le refus de son éditeur, l’auteur fut obligé de donner une dimension futuriste
à son texte. Il inventa pour l’occasion une nouvelle organisation politique des différents pays. Le livre fut
l’objet de plusieurs adaptations, dont une au cinéma de très remarquée qui sortit en… 1984.

 

George Orwell
Extrait du livre
« C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré
dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire »,
pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis.
À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux. Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait :
BIG BROTHER VOUS REGARDE. »


Post a Comment

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *
*
*

*