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8. Belle du seigneur de Albert Cohen (1968)

Trosièmé volet de la tétralogie des de Solal, Belle du Seigneur fait suite à Mangeclous. Commencée dans les années 30, l’écriture du livre a été vitcime périgrinations. Interrompu pendant la seconde guerre mondiale, le livre est ensuite repris et modifié de nombreuses fois. Les 845 pages de la version finale paraissent finalement chez Gallimard en 1968. Le roman reste à ce jour la meilleure vente de l’éditeur en collection Blanche. Récit de la passion destructice de Solal des Solal, aristocrate juif parvenu et coureur avec Ariane Deume, une jeune et belle femme, le roman est considéré comme l’un des meilleurs textes tragi-comiques de la littérature française.  

                                                                  Albert CohenExtrait du livre
« Attentes, ô délices. Après le bain et le petit déjeuner, merveille de rêvasser à lui, étendue sur le gazon et roulée dans des couvertures, ou à plat ventre, les joues dans l’herbe et le nez contre de la terre, merveille de se rappeler sa voix et ses yeux et ses dents, merveille de chantonner, les yeux arrondis, en exagérant l’idiotie pour mieux se sentir végéter dans l’odeur d’herbe, merveille de se raconter l’arrivée
de l’aimé ce soir, de se la raconter comme une pièce de théâtre, de se raconter ce qu’il lui dirait, ce qu’elle lui dirait. En somme, se disait-elle, le plus exquis c’est quand il n’est pas là, c’est quand il va venir et que je l’attends, et aussi c’est quand il est parti
  et que je me rappelle. Soudain, elle se levait, courait dans le jardin avec une terreur de joie, lançait un long cri de bonheur. Ou encore elle sautait par-dessus la haie de roses. Solal! criait cette folle à chaque bond.
Parfois, le matin, alors qu’elle était absorbée par quelque tâche solitaire, tout occupée à cueillir des champignons ou des framboises, ou à coudre, ou à lire un livre de philosophie qui l’ennuyait, mais il fallait se cultiver
pour lui, ou à lire avec honte et intérêt le courrier du cœur ou l’horoscope d’ n hebdomadaire féminin, elle s’entendait
tout à coup murmurer tendrement deux mots, sans l’avoir voulu, sans avoir
pensé à lui. » 

Albert Cohen

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