Skip to content

Je ne vous ai jamais parlé de George Sand…

George Sand, née le 5 juillet 1804 à Paris  de son vrai nom, Aurore Lucille Dupin de Francueil, meurt en 1876. Son père officier et sa mère ouvrière en mode lui procurent un métissage social qui la conduira à être une révolutionnaire féministe, vive et anticonfomiste, douée et aventurière.

Elle se passionne pour les marionnettes et les sciences naturelles

le théatre et la terre quel symbole!

********************************************************

 voici la lettre la plus coquine de la littérature française et la plus osée.. (adressée à Alfred de Musset…)

 ”Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre.”

 *******************************************************

Changeons de registre.

Dans le chapitre XI de Histoire de ma vie, George Sand évoque les premières années de son enfance. En compagnie de sa mère, elle se rendait fréquemment chez un oncle et une tante qui habitaient à Chaillot, qui était alors un village près de Paris. Elle y retrouvait Clotilde, une cousine de son âge.

“Je ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d’Espagne, je n’ai plus quitté Nohant jusqu’après l’époque où mon oncle vendit à l’Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l’emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j’ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n’étant point bâti comme il l’est aujourd’hui.

C’était l’habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd’hui que les objets restés dans ma mémoire m’apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l’âge que j’avais alors c’était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents. ( )

Le jardin était un carré long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j’en fisse le tour deux cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d’autrefois ; il y avait des fleurs et des légumes ; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs ; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c’était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.

C’est là aussi que j’ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait Vive l’empereur, on marchait à pas précipités, on s’éloignait et les cris continuaient toujours. L’empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l’émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m’en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces : Vive l’empereur ! transportées d’un enthousiasme sympathique.”

George Sand, Histoire de ma vie, 1854, Editions de la Pléiade.

Post a Comment

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *
*
*
*