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Les separes (N’ecris pas…)

30 mars 2010 •

 

          J’ai toujours eu une belle passion pour ce poeme qu’a écrit Marceline (tiens quel prenom curieux…) Desbordes-Valmore, elle, qui a connu un triste destin jonché de deuils.

          Elle est nee à Douai dans le nord le 20 juin 1786 à la veille de la revolution. Son pere, un peintre qui dessine des armoiries. Sa famille tombe dans la ruine avec la revolution. Marceline laisse ses etudes et avec sa mere elle fuit en Guadeloupe rejoindre un riche cousin. Marceline se met au théatre. Mais le cousin et sa mere meurent de la fevre jaune, la revolte gronde aux antilles.

          Marceline rentre à Douai.  A 16 ans elle est comédienne et joue des roles d’ingenue et de cantatrice. Elle rencontre le compositeur belge Gretry qui lui permet de se produire à l’Opéra-Comique de Rouen en 1805. Au Theatre de la Monnaie à Bruxelles elle incarne Rosine dans le Barbier de Seville. Puis à l’Odeon de Paris en 1808 ou elle cree notamment des roles de Pigault-Lebrun. Elle y rencontre Henri de Latouche qui sera son amant secret pendant 30 ans. Il lui donne un fils qui decede à l’age de 5 ans en 1816.

1817 – elle se marie avec un acteur peu reconnu, Prosper Lanchantin dit Valmore. Ils meneront une vie d’errance, materiellement difficile et marquee par les deuils. Elle perd un bebe puis ses deux filles. Seul son dernier fils survit. Menant une carrière militaire il sera prisonnier pendant sept annees. Elle perdra aussi plusieurs amies d’enfance.

1819 – Marceline publie son 1er recueil de poemes, Elegies et romances

1823 – Elle abandonne le Chant

1832 – Elle met fin a sa carriere de comedienne

1825 – Elle publie Elegies et poesies nouvelles

1830 – Poesies inedites 

1833  Les pleurs ainsi qu’un livre de souvenirs autobiographiques, L’Atelier d’un peintre, scenes de la vie privee paraissent.

1839 -.Les Pauvres fleurs1840 – Elle publie des Contes en prose pour les enfants ainsi que des Contes en vers pour les enfants.

1843 – Les Bouquets et prieres.

1855 – Elle ecrit à nouveau pour les enfants Jeunes Tetes et Jeunes Cœurs. Ses poemes sont apprecies pour leur style, leur musicalité et l’emotion vraie qu’ils inspirent. Lamartine, Béranger, Vigny, Baudelaire, Verlaine et Hugo qui sera un ami fidèle, l’admirent. Une pension de 1500 francs et plusieurs prix académiques lui sont accordés. Après avoir perdu quatre enfants, son frere et de nombreuses amies, elle s’eteint dans le desespoir, à Paris le 23 juillet 1859. Le recueil Poésiesest publie à titre posthume en 1860.

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Les separes (N’ecris pas…)

N’ecris pas. Je suis triste, et je voudrais m’eteindre.
Les beaux etes sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai referme mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper a mon coeur, c’est frapper au tombeau.

N’ecris pas !N’ecris pas. N’apprenons qu’a mourir a nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu… qu’a toi, si je t’aimais !
Au fond de ton absence ecouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

N’ecris pas !N’ecris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma memoire ;
Elle a garde ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chere ecriture est un portrait vivant.
N’ecris pas !

N’ecris pas ces doux mots que je n’ose plus lire :
Il semble que ta voix les repand sur mon coeur ;
Que je les vois bruler à travers ton sourire ;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur.
N’ecris pas !

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