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L’éternité – Arthur Rimbaud

« Je disais adieu au monde dans d’espèces de romances …
Je m’offrais au soleil, dieu de feu …
 » (Alchimie du verbe)
Version 1
Autographe. Reproduit
d’après le fac-similé
publié par 
Messein(1919).

     L’Éternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? — L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil

Âme sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? — L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Mai 1872

Version 2
Autographe. Reproduit
d’après la version imprimée
de 
La Vogue (1886).

      Éternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? L’éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Âme sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans,
Donc tu te dégages :
Tu voles selon…

Jamais l’espérance,
Pas d’orietur,
Science avec patience…
Le supplice est sûr.

De votre ardeur seule
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Elle est retrouvée.
Quoi ? L’éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

 

Version 3
Manuscrit inconnu.
Reproduit d’après l’édition originale de la
Saison (1873).

 

Elle est retrouvée !
Quoi ? l’éternité.
C’est la mer mêlée
Au soleil.

Mon âme éternelle,
Observe ton vœu
Malgré la nuit seule
Et le jour en feu.

Donc tu te dégages
Des humains suffrages,
Des communs élans !
Tu voles selon…

— Jamais l’espérance.
Pas d’orietur.
Science et patience,
Le supplice est sûr.

Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.

Elle est retrouvée !
— Quoi ? — l’Éternité.
C’est la mer mêlée
Au soleil.

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