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Lisa Modele, une téméraire…

Le monde titrait et ce à juste titre ”Lisette Model, la photographe qui n’a peur de rien” Il faut dire qu’elle a osé et j’aime ces femmes, ces êtres qui crèvent les choses installées, qui passent leurs mains derrière la porte fermée à clefs pour tater la serrure invisible mais tellement présente. Alors oui elle est à l’encontre des photos reçues cette Lisette, son nom est un emblème merveilleux de sa représentativité… voici un extrait de l’article délicieux écrit sur elle dans Le Monde “rabougries, renfrognées, embijoutées. C’est ainsi que Lisette Model croque deux petites vieilles de la haute société, en 1948. Rigolo ? Culotté, plutôt. Car il fallait oser, trois ans après la guerre, photographier ainsi les donatrices d’une vente de bienfaisance au profit des réfugiés de guerre. Mais Lisette Model (1901-1983), née à Vienne et émigrée aux Etats-Unis en 1938, n’avait que faire du politiquement correct.” Américaine mais née à Vienne en Autriche, le 10 novembre 1901 elle meur à New York, le 30 mars 1983 Etant jeune elle étudie avec Ie compositeur Arnold Schonberg, elle veut devenir pianiste de concert et chanteuse. Elle ne réalise jamais ses ambitions musicales, elle acquiert auprès du maître une véritable passion pour I’art qui s’exprimera dans son travail de photographe. Suivant les traces de sa sœur cadette, Lisette prend ses premières photographies en France vers 1933. C’est la photographe française Rogi André qui lui donne ses premières leçons de photographie et un conseil qui marquera toute l’œuvre de Model: «Ne photographie jamais quelque chose qui ne t’intéresse pas passionnément». Manifestement, la fameuse maxime de Model, « Montrez dans vos photos ce que vous avez dans Ie ventre! », doit beaucoup à cette amitié brève mais décisive entre les deux femmes. En 1937, Lisette épouse Ie peintre russe Evsa Model. Un an plus tard, elle part avec lui pour New York, où tous deux vivront Ie reste de leurs jours. Son travail de photographe reçoit un accueil enthousiaste de directeurs artistiques comme Ralph Steiner de PM’s Weekly et Alexey Brodovitch de Harper’s Bazaar. Avec I’appui de Brodovitch, Lisette collabore à Harper’s Bazaar de 1943 à 1955 et produit à cette époque certaines de ses images les plus mémorables. L’héritage de Lisette Model ne se limite pas à ses photographies. De 1949 jusqu’à sa mort en 1983, elle communique sa passion de la photo à d’innombrables étudiants du monde entier. Sa manière franche et son approche sans compromis ont inspiré beaucoup de ses élèves, dont Diane Arbus, Larry Fink, Rosalind Solomonet Bruce Weber. II y a près de cinquante ans, la critique Elizabeth McCausland écrivait avec force et perspicacité de l’œuvre de Model: Voilà une femme qui opère presque exclusivement par intuition. C’est comme si, à l’intérieur de I’appareil photo, elle avait substitué à I’émulsion de gélatine sensible à la lumière ses propres émotions et ses nerfs mis à nu; comme si I’expérience s’était fixée sur sa rétine de façon aussi indélébile que l’image photographique s’imprime dans les particules d’argent…

Prix

1965 Bourse Guggenheim

1968 Membre honoraire de l’American Association of Magazine Photographers

1973 Prix du Creative Artists Public Service Program

1981 Docteur honorifique en arts visuels de la New School of Social Research

1982 La Médaille de la Ville de Paris

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