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Superman, l’homme qui vous sauve de l’impossible

1 Le Superman de Terre II
Superman a été imaginé en 1933 par Jerry Siegel, 19 ans, crayonné par son copain Joe Shuster, même âge, et « publié » dans leur fanzine, Science Fiction . Les deux gamins pensaient vraiment avoir trouvé l’idée du siècle. Ils comptaient bien voir leur oeuvre éditée sous la forme prestigieuse d’un comic strip dans un grand quotidien. Ils durent vite se rendre à la réalité. Ils firent le tour de tous les journaux d’Amérique et furent éconduits de chacun d’un coup de pied au derrière. Un bonhomme qui sautait par dessus les immeubles et soulevait les voitures? Qui allait s’intéresser à ces fadaises? Qui? Personne sauf Sheldon Mayer. Le futur créateur des irrésistibles Bib et Zette, entre autres, ne réussit pas à faire accepter le personnage par ses patrons des EC comics, mais put le refiler à un de leurs concurrents, Harry Donenfeld, qui cherchait d’urgence n’importe quoi pour remplir le nouveau titre de la National Periodical (qu’on connaîtrait ultérieurement sous le nom de DC), Action Comics, dont le numéro 1 sortait en Octobre… 1938. Hé oui. Cinq ans avaient passé. Et cette forme de publication n’était qu’un pis aller, le comic book était un genre méprisé, financièrement improductif, marginal. Les premiers comic books avaient été donnés en prime avec des paquets de lessive. Ce que personne n’aurait pu prévoir, c’est que c’ était sur le point de changer parce que… Superman allait faire vendre Action Comics à un million et demi d’exemplaires par numéro.
Dès lors tout allait changer. On déroula un tapis rouge pour Superman. Il eut, dès Janvier 39, son comic strip que tous les journaux d’Amérique se disputèrent. Dans la foulée, il eut aussi un feuilleton radiophonique, diffusé sur tout le territoire US, et, en 1941, des dessins animés chez Max Fleisher. En 1948 les cinémas projetteraient le premier de ses nombreux films. Et en 1953 il serait incarné par George Reeve dans une série T.V. à grand succès. Pour le comic book aussi, tout avait changé. Du jour au lendemain, il en sortait de partout. L’année 1939 vit apparaître Batman, les premiers Marvel comics, Submariner et la Torche Humaine, suivis en 1940 d’Atom, Flash, Green Lantern, Captain America. En même temps qu’une industrie, un nouveau genre était né, les super-héros. La plupart n’étaient que des Superman sans S sur la poitrine. Tel le fameux Captain Marvel de C. C. Beck, chez Fawcett, le seul a avoir dépassé le succès de Superman, que DC fit interdire pour plagiat. (Si on devait poursuivre tous les comics visiblement inspirés d’un autre, il faudrait construire de nouvelles universités pour former des avocats.)
Le Superman de cet âge d’or était beaucoup moins puissant que celui qu’on allait connaître. Il sautait par dessus les immeubles, il ne volait pas dans tout l’univers. Il soulevait des voitures pas des édifices, comme aujourd’hui, encore moins des planètes comme dans les années 60. Ses pouvoirs ont été accrus -etdiversifiés – petit à petit, afin de donner au public une raison de continuer d’acheter. Leur (première) explication scientifique, par la différence de masse et de pression atmosphérique entre la Terre et la planète d’origine du surhomme, n’est devenue ridicule que du fait de cette escalade. Elle était parfaitement crédible à l’origine. C’est pour équilibrer cette montée en puissance que les éditeurs se virent contraint d’introduire la kryptonite (Décembre 1949), seule substance susceptible de tuer Superman, puis de l’utiliser de plus en plus fréquemment, jusqu’à ce qu’elle devint gênante entraînant un déséquilibre en sens inverse. Mais nous n’en sommes pas encore là. Ce besoin d’augmenter les pouvoirs du héros traduit par ailleurs la pauvreté initiale de la bande. Qu’on l’aime ou non, Superman est incontestablement la série la plus riche de toute la BD mondiale. Mais la plupart des éléments qui composent cette richesse n’existaient pas à l’époque, ou n’étaient pas exploités. On savait que Superman venait d’une autre planète, mais on ignorait tout de cette planète ou de ses parents. Il combattait le crime, mais il n’avait pas, ou très peu, d’adversaires remarquables. Lex Luthor (apparu en Avril 40) n’était que le leitmotiv du savant criminel comme on en connaît des centaines dans le domaine Super-héros ou ailleurs. Mr Mxyztplk (Septembre 44), le lutins facétieux qu’on ne peut forcer à regagner son monde de la cinquième dimension qu’en l’amenant à prononcer son nom à l’envers, un des meilleurs vilains de tous les temps, était l’exception qui ne doit pas dissimuler la règle. D’autre part, non seulement les éléments récurrents de la série étaient rares, mais le peu qu’il y en avait étaient contradictoires entre eux. Par exemple, initialement les Kryptoniens étaient des surhommes où qu’ils se trouvèrent. Par la suite, on expliqua qu’ils n’avaient aucun pouvoir sur leur propre planète. C’était d’ailleurs un autre corollaire de la montée des pouvoirs de Superman. Sinon, à partir du moment où il put voler dans l’espace, tous ses concitoyens auraient survécu à l’explosion de leur planète. Les contradictions s’accumulèrent aussi entre les aventures de Superboy (Janvier 45) et de Superman. Ainsi, tous les personnages que Superman a rencontré pour la première fois dans tel numéro et qu’il combattait ou côtoyait pourtant déjà auparavant quand il était Superboy. Pire. On réutilisait d’anciens scénarios. Superman revivait donc la même aventure sans se souvenir que tout cela lui était déjà arrivé. Cela nous semble bizarre et bancal aujourd’hui, car nous nous sommes habitués à une notion moderne, la continuité, au point de la considérer comme allant de soi. Mais pour appréhender les comics de l’époque, il faudrait plutôt se référer aux dessins animés. Bugs Bunny vit de nos jours; on voit des fusils, des avions. Pourtant, si d’aventure, on le retrouve, dans un épisode, au far west où aux temps préhistoriques, on ne s’étonne pas outre mesure. C’est toujours Bugs Bunny. De même, si Superman n’avait pas tout à fait les mêmes pouvoirs, si il revivait une aventure déjà survenue, c’était toujours Superman.
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Superboy,
la jeunesse deSuperman.
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Le créateur graphique de Superman, Joe Shuster était, avouons le, un médiocre dessinateur. Son personnage a très vite été confié à d’autres mains. Avec son complice Jerry Siegel, il tentèrent de refaire le coup de Superman, en lançant à nouveau un personnage totalement différent de tout ce qui existait et en espérant probablement le même succès. C’était Funnyman, un clown qui combattait les criminels à coups de tartes à la crème, que tout le monde à oublié depuis longtemps. Couverture de Funnyman par Shuster (extraite de ma galerie Les plus belles couvertures BD) Contrairement à Siegel, il ne réussit pas à faire carrière dans le comic book. Un comble quand on pense que c’est pratiquement lui qui a créé ce secteur. C’est comme si Henry Ford n’avait pas réussi à retrouver un emploi dans l’industrie automobile américaine. Disparu en 1992, il serait mort dans la misère si une campagne orchestrée par Neal Adams n’avait pas arraché aux éditeurs une rente annuelle de douze mille dollars pour lui et pour Siegel.
Un des deux principaux dessinateurs de Superman des années 40 et 50 était Al Plastino. Il a été affirmé que Plastino était le dessinateur BD au monde dont l’oeuvre avait été vue par le plus grand nombre de personnes. Ce n’est pourtant pas un très grand artiste. A peine meilleur que Shuster. Si on le jugeait d’après les critères actuels, ce ne serait même pas un débutant publiable.
Le dessinateur qui a eu le plus d’influence sur Superman, de la fin des années 40 au début des années 60, celui dont le style servait de modèle officiel aux autres, fut Wayne Boring . L’empire de Boring empiète sur le Superman de Terre I, celui des années 60 et suivantes, parler de lui ici est un choix un peu arbitraire. D’un point de vue purement technique, la manière de Boring est très naïve, pour les critères d’aujourd’hui, mais cette naïveté doit être regardée comme une qualité. Elle se mariait parfaitement à celle des récits. Un dessin hyperréaliste eut été catastrophique. La simplicité de Boring, son graphisme à la fois académique et typé dégagent une atmosphère merveilleuse quand, dans les histoires de l’époque Terre I, Superman conduit Lois Lane chez Cendrillon ou Mr Mxyztplk change la lune en fromage, tout en pouvant être assez sombre pour camper un Luthor ou un Brainiac très inquiétants. Le caractère bien portant de son Superman a été utilisé par certains de ses successeurs. Quand le Superman de Terre I a rencontré celui de Terre II, celui ci était représenté presque ventripotent pour le différencier de son homologue. Cela rappelle un peu la façon dont l’évolution du style de Jack Kirby sur le personnage de la Chose a été réinterprétée plus tard, notamment par John Byrne, comme une évolution physiologique du corps de ce personnage. Superman Couverture de Action Comics 96 par Wayne Boring (extraite de ma galerie Les plus belles couvertures BD) . La même en fond d’écran .
Après une période de cocagne, l’industrie du comic book connut sa première grande crise vers 1945. Tous les super-héros disparurent en quelques mois, quelques années pour les plus prestigieux. Ils allaient laisser la place aux comics d’horreur. Tous? Non. Batman marchait toujours et Superman prospérait. A Action Comics (1938) et Superman (1939), s’était joint World’s Finest en 1941, Superman y apparut d’abord en solo puis en tandem avec Batman à partir du 71 de 1954. Pendant la crise s’y ajouta Superman enfant, Superboy, dans More Fun Comics en 1945, transféré dans Adventure Comics en 1946, auquel se joindrait Superboy en 1949. Et n’oublions pas Jimmy Olsen en 1954. La crise! Quelle crise?

 

2 Le Superman de Terre I
Quand finissent les aventures du Superman de Terre II et commencent celles du héros de Terre I? Personne ne peut répondre. Autant on sait, au mois près, quand finissent les péripéties du Superman de Terre I et quand commencent celles de Superman, l’homme d’acier, autant ici règne le flou le plus artistique. A l’arrivée du comic code, organe d’autocensure qui a débarrassé DC de sa concurrente EC et le marché des super-héros de leur concurrentes les histoires d’horreur, DC, malgré un climat plutôt morose, entreprit de ressusciter les super-héros qu’elle avait dû abandonner lors de la crise de 1945. Cette entreprise, qui fut un succès aux répercussions considérables, commença avec Flash dans Showcase 4, en Mars 1956. On pourrait donc dater le passage du relais entre les deux Superman à Mars 56. Ça cadre à peu près. Mais, bien entendu, cette date ne correspond à rien de précis dans les séries Superman. Quoi qu’il en soit, les nouveaux super-héros étaient trop différents de leurs homologues des années 40 pour que l’on put prétendre, comme le ferait Marvel avec Submariner ou Captain America, que c’étaient les mêmes. Ils n’avaient même plus la même identité secrète. Dans Showcase 4, en faisant lire au nouveau Flash un comic book de l’ancien, le scénariste Robert Kanigher avait décrété que les premiers super-héros étaient des personnages de BD (tandis que les nouveaux existaient.). Mais en Septembre 1960, son collègue Gardner Fox substitue à cette idée un concept infiniment plus productif. Il y a deux univers parallèles, Terre I où vit le Flash actuel et Terre II qui abrite le Flash des années 40. Les deux super-héros se rencontrent pour la première fois, mais pas pour la dernière. Les autres super-héros croiseront tôt ou tard le chemin de leur propre homologue. Mais pour Superman (et Batman) un problème de taille se pose, qu’on ne remarquera pourtant pas immédiatement. Ils ont, quoi que rarement, côtoyé les héros de la Justice Society dans les années 40 et il partagent à présent bon nombre de celles de leurs homologues actuels de la JLA, à la quelle ils se joignent en 63. Ils vivent donc dans les deux mondes à la fois. Ce n’est pas possible, il faut qu’il y en ait deux. Deux Superman et deux Batman. Seulement, la chose n’ayant été ni anticipée, ni même réalisée sur le moment, le passage de l’un à l’autre ne se traduit par rien, intrinsèquement, et ne peut être localisé. Le Superman de Terre I est pourtant très différent de celui de Terre II, mais cette différence s’est opérée petit à petit. Par contre, elle procède d’une cause parfaitement claire, la nomination de Mort Weisinger comme rédacteur en chef de tous les magazines Superman. Parfait. Alors faisons démarrer le Superman de Terre I de cet événement. Le problème, c’est que Weisinger n’a pas débarqué un petit matin dans les couloirs de DC avec ses valises pour se voir confier le soir même, simultanément et définitivement, le contrôle de tous les magazines. En fait il avait travaillé sur Superman depuis 1941. On pourrait également être tenté de faire correspondre le Superman de Terre I aux histoires dessinée par Curt Swan. Swan a dessiné quasiment tous les épisodes de Superman et de Action Comics de 1955 à 1986, soit pratiquement toutes les aventures du Superman de Terre I adulte. Et son graphisme se distingue bien de celui de ses prédécesseurs, comme de ses successeurs. Néanmoins c’est accorder beaucoup d’importance à l’aspect visuel. Qu’on date la transition par Flash, par Weisinger ou par Swan, on arrive toujours aux alentours de 1955, 1956, mais sans plus de précision.
Weisinger donna une consigne très simple aux scénaristes. Introduire sans arrêt de nouveaux éléments récurrents. Il fallait qu’il y eut quasiment chaque mois un événement dans un magazine ou un autre. C’est ainsi qu’en l’espace de deux ou trois ans sont apparus la cousine de Superman, Supergirl (Mai 59); les quatre super animaux dont Krypto, le chien de Superman (Décembre 55) omniprésent dans Superboy et, à l’occasion, dans des aventures bien à lui; les bizraros (Novembre 58) sur leur planète cubique (Avril 60), – ces doubles caricaturaux de Superman et de ses amis, qui fermaient la porte avant d’entrer et vous frappaient pour témoigner de leur amitié, eurent leurs propres aventures en 1961 et 62; la kryptonite rouge (Septembre 58), qui avait sur Superman les effets les plus fous, le faire gonfler comme un ballon, le dédoubler, le rendre mauvais ou amnésique etc.; la zone fantôme, où sont détenus les criminels Kryptoniens; Lori la sirène amoureuse de Superman (Mai 59); sans oublier les nouveaux vilains, Brainiac (Juillet 58), qui était présenté initialement comme un extraterrestre et non comme un robot, apportait en cadeau d’arrivée Kandor, la ville miniature dans une bouteille et ses habitants qui venaient meubler, entre mille autres prodiges, la merveilleuse Forteresse de la Solitude (Juin 58). Aux récits « réels » vinrent s’ajouter les extraordinaires histoires imaginaires, où les héros pouvaient mourir ou mal tourner, que Marvel ne découvrirait que vingt ans plus tard avec What If. Dans le même ordre d’idée, on suivra les exploits des descendants de Superman, notamment le Superman de 2965. La planète Krypton, dont on avait à peine connu le nom, était désormais évoquée en détail dans les aventures de Superman, puis dans sa propre série, le monde merveilleux de Krypton, et même ses comic books, en série limitée. Le lecteur assidu en savait autant sur la géographie, la faune, la flore, l’histoire, la politique et la législation de Krypton qu’un non spécialiste sur celles de la Terre. Ce foisonnement est peut-être à l’origine de la continuité. Dès lors que les histoires introduisaient sans arrêt des éléments nouveaux, une forme d’irréversibilité s’insinuait, établissant une chronologie qui forçait à la cohérence. On a prétendu (chez DC) que c’était Superman qui avait introduit la continuité dans les comics. La chose était trop dans l’air du temps et trop inconsciente pour que quelqu’un puisse déposer un brevet. Mais désormais, il n’était plus question de contradictions – arrêtez de rire, je veux dire de contradiction sciement. – et il était occasionnellement fait référence aux épisodes passés. C’est bien là la continuité.
Cette créativité s’essouffla au début des années 60. On conserva toutes les richesses acquises et qui auraient suffit à illuminer une dizaine de séries ordinaires, mais on n’en introduisit plus de nouvelles qu’ exceptionnellement. En Février 1971, la direction passe de Weisinger à Julius Schwartz, en même temps que l’encrage est confié à Murphy Anderson et le scénario à Deny O’neil. Schwartz, pour rajeunir le personnage, ou pour imprimer sa marque, changea tout dans le premier numéro même qui lui fut confié, Superman 233. L’offensive s’opéra sur deux fronts, Clark Kent et Superman. Clark Kent quitta le vieux journal de papier, le Daily Planet, pour le moderne journal télévisé de Galaxy. Derrière cette modernisation se profile la volonté inavouée mais évidente de faire « à la Marvel ». DC n’a pas compris comment une petite firme de rien du tout lui avait volé la première place. Morgan Edge, qui remplace désormais Perry White comme rédacteur en chef de Clark Kent, ressemble plutôt à J Jonah Jameson et la transformation est rétroactive puisque le nouveau camarade de classe de Superboy, Bash Bashford, est un clone de Flash Thompson. Superman fut, quant à lui, débarrassé de la kryptonite, en contrepartie, il perdit « la moitié » de sa puissance. Grâce à quoi, il fut enfin à nouveau assez faible pour combattre les méchants, à la manière des héros de Marvel. Ce qui faisait, jusqu’alors, toute l’originalité de Superman, c’était que, étant devenu trop fort pour se voir opposer qui que ce fut, il devait vivre des aventures différentes, basées sur des problèmes d’identité secrète menacée, de contraintes liées à la parole donnée, de mystères à résoudre, qui réclamaient aux scénaristes beaucoup plus d’imagination. Fini tout ça. Les années 70 nous ont tout de même apporté un nouvel ennemi Terra-Man, le cow-boy futuriste (Mars 72) et surtout trois prodigieux seconds rôles, Valdemar le viking chevauchant un moineau géant (Janvier 73), Captain Strong (Février 73), l’anti-parodie de Popeye (anti puisque Popeye est comique et Captain Strong réaliste) et Vartox, le super-héros extraterrestre (Novembre 74).
SES POUVOIRS

Conservés dans la version actuelle_Force
_Invulnérabilité
_Vol
_Thermovision
_Vision X
_Vision télescopique
_Vision microscopique
_Soufle réfrigérant
_Super souffle
_Super ouïe
_Apnée illimitée (pouvoir « perdu » en 86 retrouvé en 2000)
Perdus depuis les « réformes » de Byrne en 1986_Vitesse =invisibilité (plus oublié que perdu)
_Super ventriloquie
_Emission réception messages télépathiques
_Mémoire intégrale
_Super intelligence (+ science kryptonienne=gadgets)
_Hypertranslations (univers parallèles)
_Voyage dans le temps
_Alterations physionomiques (Terre II. Terre I juste maquillage)
_Hypnose

Si on oublie le non-sens du voyage dans le passé, de tous ces pouvoirs, le plus ahurissant, quoi qu’il en semble à première vue, est le vol. Qu’il puisse changer de direction, ou s’arrêter à volonté, constitue un mystère insondable autant qu’une violation du principe d’action et réaction.

FAIBLESSES
 _ La magie
_ Environnement d’une étoile rouge.
La kryptonite 
_Verte Mortelle
_ Rouge Effets toujours différents et provisoires
_ Dorée Annule définitivement ses pouvoirs
_ Bleue (kryptonite Bizarro). Sans effet sur Superman. =verte pour ceux des Bizarros ayant pouvoirs.
_ Blanche Affecte végétation.
_ Joyau Provoque explosions.
Qui dit Superman dit Curt Swan et qui dit Curt Swan dit Superman. Swan a dessiné Superman pour la première fois en 1953 et a été quasiment son seul dessinateur de 55 jusqu’à Crisis en 85, autant dire jusqu’à « la fin ». Cependant, le rendu de Swan est extrêmement variable d’un encreur à l’autre. Il existe, à mes yeux, une remarquable analogie entre la succession des encreurs sur Swan de 53 à 86 et sur Kirby, à Marvel, de 56 à 70. Avec ses premiers encreurs, Burnley ou Kaye, le jeune Swan nous délivre un dessin simple, un peu pataud, agréable mais sans caractère et qui ne le distingue guère parmi les autres dessinateurs de Superman de l’époque. Ce style évoque la finition plaisante mais un peu grossière que Ayers donnait à Kirby dans ses récits des années 56 à 62, notamment les premiers Fantastic Four. A la meilleure époque de Superman, les années 60, encré par George Klein , Swan nous offre une merveille de linéarité, l’équivalent américain de la ligne claire, qu’on retrouve chez Kirby en 1963-64 sous l’encrage de Stone. C’est le Summum. En 1969, avec Jack Abel puis « George Roussos » (style indiscernable je soupçonne que ce sont une seule et même personne.), Superman perd cette fraîcheur, cette naïveté, mais le graphisme gagne en technique, en finition. C’est superbe. Ce saut dans le réalisme correspond dans le scénario à des récits (un peu) plus crédibles et à un allongement des histoires, par le nombre de pages comme par l’introduction des sagas en à suivre. C’est comparable au magnifique encrage de Coletta sur le Kirby de 1965. Ce sera le chant du cygne. Les années 70 seront marquées par l’encrage mou et sans personnalité de Murphy Anderson et de ses successeurs, comme Frank Chiaramonte. Une décadence comparable à l’encrage de Kirby par Joe Sinnot dans la seconde moitié des années 60.
Le plus candide des enlumineurs de l’univers Superman fut Kurt Schaffenberger. Il donna le meilleur de lui même sur les premiers Lois Lane depuis 1958, de petits bijoux, puis on lui confia Supergirl. En 73, il quitta le monde de Superman pour recréer, dans Shazam, celui de Captain Marvel, auquel sa manière correspondait à merveille. Son retour sur Superboy en 1980, dans son style dont le caractère trop simpliste s’était accentué, tandis que le monde de Superman se faisait plus réaliste, a enlisé la série. Il n’était plus dans le coup. Couverture de Shazam avec bonhomme en costume de Superman par Schaffenberger (extraite de ma galerie Les plus belles couvertures BD)
Si Neal Adams n’a pratiquement jamais dessiné Superman, il en a réalisé d’innombrables couvertures ainsi que de Superboy. Superman par Adams en fond d’écran Et c’est très bien comme ça. La prestation de l’ambassadeur du réalisme aurait été catastrophique pour le climat merveilleux des récits de Superman, mais ses couvertures qui n’influent pas sur l’atmosphère du récit, nous offrent une magnifique galerie d’illustrations d’une grande prouesse technique.
En 1983, un autre grand maître,Gil Kane est venu faire un petit tour, en touriste. Mais il n’est pas resté suffisamment pour laisser sa marque sur Superman. Ce n’est pas plus mal, il en faisait une bande d’action, magnifique certes, mais quoi que dise le titre de certain comic book, Superman n’est pas une bande d’action. (Pas Superman de Terre I, en tout cas.)
En 1970 Jack Kirby s’est momentanément approprié Jimmy Olsen. Ce n’était plus Jimmy Olsen, c’était du Kirby. C’est génial aussi, mais c’est autre chose.
 

 

En 1958 Lois Lane eut droit à son propre comic book. De même que Supergirl en 1972. Lois Lane, Jimmy Olsen et Supergirl furent remplacés par Superman Family de 1974 à 1982. Date à la quelle Supergirl retrouva un comic book bien à elle. Si Superboy abandonna son propre magazine à la Légion des Super-héros, ce fut au profit de New Adventures of Superboy (1980-1984). De 1978 à 1986, Superman rencontra un à un tous les autres héros de DC dans son team up DC Comics presents.
De 1978 à 1987, quatre films (cinq en comptant Supergirl), avec Christopher Reeve dans le rôle de Superman, remportèrent un succès considérable. Ils ne se distinguaient pourtant des précédents que par leur budget. Les récentes adaptations des X-Men ou de Spider-Man font rêver de ce qu’aurait pu être un Superman réellement inspiré.
En 1985, la mini série CRISIS ON INFINITE EARTHSa bouleversé l’univers de DC. Le scénariste Marv Wolfman, décidé à mettre de l’ordre dans l’espace temps, a pratiqué la chirurgie à la tronçonneuse. Un nombre effarant de super-héros ont été tués, les autres ont été remodelés. Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient touchés. Pour nous en tenir à Superman, le bilan est le suivant.

 

 

Supergirl est morte. L’ancien Superman, celui de Terre II, est définitivement jeté dans une oubliette constituée d’un lieu paradisiaque dans un univers parallèle. Ce monde est habité par lui même, Lois Lane de Terre II et le Superboy d’un autre univers parallèles, Terre Prime. Une façon de mettre fin sans le dire tout de suite à l’existance de Superboy. On apprendra par la suite que dans la nouvelle réalité Superboy n’a jamais existé ce qui ne l’empêchera pas, pour faire bonne mesure, de mourir dans Legion of Super heroes 38. Finies, donc, les aventures de Superboy, comme de Supergirl. Superman lui même, celui de Terre I, sortait par contre indemne de l’hécatombe. Mais ce n’était qu’un court répit. Déjà l’ombre d’un super-vilain beaucoup plus puissant que Doomsday se profilait à l’horizon. Dans quelques mois le Superman de Terre I, serait anéanti par le redoutable John Byrne.
3 Superman, l’homme d’acier
C’est en Octobre 1986 que Byrne, dans la mini-série THE MAN OF STEEL, recrée Superman. Cette démarche est une aberration. On passe un coup de balai sur un demi siècle de publication comme si rien n’avait existé. L’ancien Superman n’habite pas un univers parallèle, comme ce fut le cas lors du passage de Terre II à Terre I, ce n’est pas non plus le même personnage dont on découvrirait des aspects inconnus, comme lorsque Miller transfigura Daredevil. L’ancien Superman n’a jamais existé. Il compte pour du beurre. Le fait que Superman côtoie Batman, Flash et tous ses copains de la JLA, qui fréquentaient l’ancien Superman, n’a pas d’importance. Il ne fait que ruiner toute la continuité de l’univers DC. D’ailleurs beaucoup d’entre eux subissent un lifting du même genre. Tant qu’à faire. John Byrne refit le même coup à Marvel, quelques années plus tard, avec Chapter One. Mais le meurtre de Spider-Man échoua. Les changements étaient trop insignifiants pour remettre en question l’identité du personnage. Ils ont introduit quelques contradictions entre anciens et nouveaux épisodes, (on a connu pire sans que ce fut volontaire.) puis ils sont tombés dans l’oubli. Les changements dans Superman, en revanche sont fondamentaux et généralement malheureux. Tous, à commencer par la spectaculaire diminution de ses pouvoirs, sont orientés dans le même sens, désenchanter Superman, lui enlever tout ce qui le distinguait des autres super-héros, le rendre plus prosaïque.Le monde merveilleux de Kryptonn’est plus, désormais, qu’une planète sinistre, cauchemar pour écologiste et dénué du moindre phénomène ou spécimen remarquable. Krypton est anéantie beaucoup plus par sa nouvelle création que par sa nouvelle destruction. Le peu qui a survécu de la planète, une technologie autonome, sinistre et meurtrière viendra à plusieurs reprises menacer la Terre. Et si Superman lui même est toujours le héros irréprochable d’autrefois, on ne craindra pas de nous expliquer que c’est grâce à son éducation terrienne. (On ne nous précise pas de quelle planète sont donc venus Staline, Hitler et compagnie.)Superman n’a plus d’identité secrète. Plus exactement personne ne soupçonne qu’il en ait une et ne cherche donc à la connaître. Ce thème qui fut le ressort de plus d’aventures qu’aucun des grands adversaires de Superman et qui donnait tout son poivre au caractère de Lois Lane est passé aux oubliettes, tout simplement.Juste pour ne pas dire que je suis un râleur, voyons tout de même un changement productif. Superman et BATMANqui ont vécu ensemble des centaines d’aventures sans qu’auteurs ni lecteurs ne s’inquiètent de ce qui pouvait bien réunir deux êtres aussi disparates se rencontrent à nouveau pour la première fois. Ne se connaissant pas, ils se découvrent tels qu’ils sont. Superman représente la Morale et le Droit. De son point de vue, Batman est un hors la loi qui cherche à se faire justice lui même. Si l’hostilité restera très limitée du fait de l’appartenance des deux vedettes à une même équipe, la JLA, une des plus grosse ventes de DC, leur antagonisme sera remis en valeur notamment par Frank Miller dans Dark Knight où s’affrontent les deux anciens meilleurs amis, pardon, les deux hommes qui auraient pu être les meilleurs amis, dans une autre réalité.

Saluons également, en passant, le coup de génie de Superman V2 11, dans lequel Byrne, sans avoir l’air d’y toucher, nous autorise à imaginer que Mr Mxyzptlk pourrait être… le Beyonder, le Dieu de l’univers Marvel

Le nouveau Lex Luthor, imaginé par Marv Wolfman, est également intéressant. On peut regretter qu’il ait perdu l’ambivalence du Luthor de Terre I, qui montrait des côtés humains, mais il ne s’agit pas d’un retour au stéréotype vide des années 40. Le nouveau Luthor est plus proche du Kingpin / Caïd de Marvel, machiavélique, plus crédible, délicieusement haïssable et d’autant plus dangereux qu’apparemment respectable. Je ne pense pas que Wolfman ait fait le rapprochement mais sa haine irrationnelle pour Superman est identique à celle de J Jonah Jameson pour Spider-Man.

Ce nouveau Superman est aussi un retour aux origines. De deux façons. En premier lieu, il balaie toutes les transformations de 1971, clark reporter T.V. etc. C’est aussi bien. Malheureusement les personnages créés après 71 disparaissent aussi, je pense à Captain Strong ou Valdemar.

En second lieu, il affecte la personnalité de Superman. Dans les années 60, il était devenu un super boy scout. Certes les héros d’alors n’avaient pas une mitraillette et une tête de mort sur la poitrine mais, même pour l’époque, Superman était le saint des comic books. Il passait plus de temps dans des représentations de charité qu’à lutter contre les méchants et il les combattait par la non-violence. Par ailleurs, il était au service du monde et non d’une nation particulière. Le nouveau héros, même si il reste exemplaire comparé à nombre de ses collègues actuels est plus dur et plus américain. Dans le quatrième numéro du nouveau Adventures of Superman (soit le 427), il envahit de sa propre initiative un pays souverain présumé complice du terrorisme international et dans le suivant, il terrorise des gangsters. Dans les deux cas il le fait à contrecoeur mais Superman de Terre I aurait trouvé une autre solution. A travers le temps, la personnalité de Superman reste en phase avec l’évolution de l’ esprit américain.

Autres changements.
Il n’y a pas eu de Superboy . Superman n’a acquis ses pouvoirs qu’à l’âge adulte. Son costume n’est pas indestructible. Jonathan et Martha Kent sont vivants. Jimmy Olsen est un minable, ou, en tout cas, est traité comme tel; comme dans les années 40, encore un retour aux origines. Une histoire d’amour se profile entre Superman et Wonder Woman , qui ne sera finalement jamais dévelopée à cause de l’évolution imprévue de la relation du héros avec Lois Lane (voire plus loin).

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L’impossible rencontre du Superboy de 1990 et de celui d’aujourd’hui.

 

De nombreuses aventures de l’homme d’acier sont inspirées des épisodes les plus marquants du Superman de Terre I. Tous les grands adversaires de ce derniers ont bien sûr été réintroduits ainsi que, petit à petit, de nombreux éléments que Byrne avait sucrés, Kandor, la zone fantôme etc. En 1988, deux ans après sa mort, Supergirl revient. Du moins, la nouvelle venue présente-t-elle l’apparence, le nom et le costume de la défunte cousine du héros de Terre I, mais elle n’a pas grand chose en commun, ni avec elle, ni avec l’homme d’acier, qui reste seul représentant de son espèce. C’est un clone de l’homologue de Lana Lang dans un univers parallèle. Mieux encore, dès 1990, imposé par le succès d’une série T.V., Superboy est de retour. Comme l’ancien Superboy a été mis hors circuit lors de crisis et que le nouveau Superman n’a jamais été Superboy, c’est un personnage impossible, une « particule virtuelle », en marge de toute continuité. Crisis était censé tout simplifier, c’est drôle, je trouve que c’était plus simple quand c’était compliqué.
Mais l’homme d’acier possède sa propre légende. Comparé à celui des années Terre I, le rythme de la période moderne est celui d’un grand restaurant comparé à un fast food. Il donne aux scénaristes tout le temps d’entrer dans le détail et de conférer une vie propre aux personnages secondaires. Les grandes sagas, étendues à la fois sur plusieurs numéros et sur les différents magazines de Superman, ne souffrent pas, ou nettement moins, des défauts, que j’ai pu critiquer ailleurs, des cross over de Marvel. A chaque moment donné, les différents dessinateurs des magazines Superman présentent un style relativement homogène, comme pour prolonger l’héritage de la période précédente, où Curt Swan dessinait tout. Les sagas n’interfèrent pas avec des magazines autres que ceux de Superman, que le lecteur n’est pas censé suivre. Enfin leurs chapitres sont, autant que possible, relativement indépendants et l’on peut parfois suivre tout en boudant un des différents magazines. Un des premiers grands événement fut la mort de Lex Luthor en 1990 puis la transplantation de son cerveau dans un nouveau corps. L’affaire la plus marquante – annoncéemême au journal télévisé Français! -reste la mort de Superman, tué par Doomsday, en 1993, dans Superman (V2) 75, le comic book le plus vendu de tous les temps. Comme des comic books aux pages blanches se seraient peu vendus, pour assurer l’intérim avant sa résurrection, apparaissent deux nouveaux personnages, Steel , une sorte d’Iron Man admirateur de Superman et surtout le nouveau Superboy, non pas Superman enfant, mais un clone de Superman, vivant à la même époque que son modèle adulte. Plus insouciant, insolent et bon vivant que son modèle génétique, il apporte un coup de jeune. Pourtant l’événement qui a le plus influencé l’Histoire de Superman est son mariage avec Lois Lane en 1996, mariage forcé, en quelques sorte, puisqu’ imposé par l’audimat de la série T.V. Lois and Clark. En 1997, la saga New power introduit un bouleversement plus spectaculaire, mais moins durable. Superman change de pouvoirs, il devient le roi de l’électricité, il adopte un nouveau costume et sa peau vire au bleu. Il retrouve ses couleurs naturelles en 1998. Ce qui ne l’empêche pas d’en voir de toutes les couleurs en 2000, quand une tentative d’invasion de Brainiac laisse Metropolis à l’état de ville unique au monde, ultramodernisée, « futurisée », et qu’on élit Lex Luthor Président des USA. (Et alors? En vrai, c’est George Bush et on n’a même pas Superman.)
En 2000, l’arrivée du nouveau rédacteur en chef, Eddie Berganza, infléchit une nouvelle fois la trajectoire de Superman. On a finalement réalisé que les idées de Byrne ne plaisaient pas à tout le monde. Il n’est pas question de refaire la même erreur, en déchirant encore une fois la continuité pour introduire un quatrième Superman. La vache a déjà du mal à retrouver son veau. On va s’y prendre plus subtilement. Tout en restant dans la continuité de Man of steel, on va restituer à l’homme d’acier la richesse du Superman de Terre I. On procède par petite touches, mine de rien. On réintroduit des personnages ou des concepts d’autrefois. En 2000, le scénariste Jeph Loeb exhume le Bizarro burlesque de la grande époque. En 2001, on révèle que tout ce que nous avait raconté Byrne sur Krypton n’était qu’élucubrations montées de toutes pièces par Jor El. Le père de Superman avait dévalorisé sa patrie aux yeux de son fils pour en adoucir l’idée de la disparition. Le monde de Krypton est à nouveau merveilleux. Et deux mois plus tard, c’est le retour de Krypto, le super chien. Néanmoins les choses n’iront pas plus loin. Au contraire, l’année suivante on apprendra que ce qu’on avait appelé la (sic) « vrai vérité » sur Krypton était le vrai mensonge et que le vrai menteur n’était pas Jor El mais Brainiac. Le monde de Krypton a certes bien été merveilleux, mais… dans un passé lointain. (Vous trouvez que ma dernière phrase a un double sens? Peut-être.)
Nouveau virage en Septembre 2003 et nouveau coup de canif à la continuité, avec la mini série Birthright. Le succès de la série T.V. Smallville incite les éditeurs à remodeler Superman de façon à supprimer toutes les différences entre le personnage du comic et son adaptation. Il ne s’agit pourtant pas de créer un quatrième Superman, mais de masquer au mieux les contradictions entre les épisodes après Smallville et avant Smallville du comic. En bref, le scénariste Mark Waid est chargé de redessiner un cercle pour qu’il soit carré, tout en conservant les propriétés du temps où il était rond.
En Mars 2003, est apparue une nouvelle héroïne Cir El, qu’on a d’abord prise pour la fille de Superman revenue du futur. On l’a revue régulièrement dans Superman et son arrivée coïncide avec la fin de parution de Supergirl, dont elle revendiquait d’ailleurs le nom. Mais les choses prennent une autre tournure en Mars 2004, quand apparait dans Superman Batman la nouvelle nouvelle Supergirl qui est en fait l’ancienne, c’est à dire Kara, la cousine de Superman, celle qui est morte au cours de Crisis in infinte Earths dans l’ancienne continuité. (Ça va, vous suivez?) Egalement dans Superman Batman en 2004 la déchéance de Luthor, officiellement reconnu criminel comme avant 1986, et le retour de l’abondance sur Terre en kryptonite, comme avant 1971.
En Janvier 2004, DC relance Superman en renouvelant tous les scénaristes et dessinateurs et en lançant dans Superman une saga en douze numéros For tomorrow, située un an dans l’avenir, c’est à dire dont l’action est postérieure d’un an aux récits des deux autres titres Superman et à ceux des autres magazines DC.
En Décembre 2005, un nouveau cross over INFINITE CRISIS vient bouleverser l’univers DC. Les instigateurs inatendus de cet événement sont les survivant de crisis in infinite earthes qui ressortent de leur oubliette au bout de vingt ans. Le Superboy de Terre Prime a bien changé durant cet éxil. Il s’est mué en un super-vilain fou qui menace non seulement la Terre mais tout l’univers. Il tue de nombreux super-héros, parmis lesquels son homologue Superboy. Lois Lane de Terre II meurt également. Mais le plus marquant est la MORT DU SUPERMAN DES ORIGINES, le légendaire héros de Terre II, père spirituel de tous les comic books, apparu en octobre 1938 et tué en Juin 2006, par le Superboy de Terre Prime.
Graphiquement, le Superman de John Byrne est réussi. Il réunit un peu de la maîtrise technique des couvertures d’Adams, de la fraîcheur naïve de Swan et du dynamisme de Kane. Néanmoins, après Superman, le style de Byrne se fera moins fin, plus grossier, et cela commence déjà à se sentir par endroits. Pour le visage de Superman, Byrne semble s’être vaguement inspiré de son interprète à l’écran Christopher Reeve.
Impossible de s’arrêter sur tous les enlumineurs de la légende de l’homme d’acier. Il est passé par les mains de Jerry Ordway, Art Thibert, Bob Mc Leod, Brett Breeding, Ed Hannigan, Jackson Guice, Stuart Immonen, Garcia Lopez, Tom Grummet (image Superboy contre Superboy, ci dessus), Dennis Janke, John Bogdanove, Tom Epting. Ainsi que quelques autres.
L’un des plus connus en France est Ed McGuiness auquel Semic a consacré les premiers numéros du nouveau magazine français Superman. McGuiness, qui a fourni le modèle aux dessinateurs de Superman de 2000 à 2004 ,est apprécié pour l’expressivité de ses physionomies. Personnellement je ne peux m’empêcher de trouver que le rendu trop parfait des volumes, joint à la rondeur du trait et à l’exagération de la masse musculaire, donnent à son Superman l’air d’une figurine japonaise en plastique. Mais on s’y habitue.
En même temps que Mc Guiness et dans le même esprit sont arrivés toute une brochette de formidables dessinateurs parmi lesquels le fantastique Pascual Ferry, Duncan Rouleau, l’amusant Kano et à mon avis le meilleur mais très rare Mike McKone.
Sans avoir été un dessinateur régulier de Superman, Alex Ross nous en a offert la version la plus hyperréaliste. Superman Détail de la couverture de Crisis par Ross (extrait de ma galerie Les plus belles couvertures BD, où la couverture complète est exposée.)
Dans Birthright, Leinil Francis Yu, privilégiant les belles grandes images isolées sur les enchainements propres à l’action, a incarné un esprit plus proche de l’illustration que du dessin de BD.
Pour lancer le nouveau Superman, (For Tomorrow), on a choisi le dessinateur le plus moderne et le plus en vogue, Jim Lee. La perfection technique absolue. Son style anguleux et fouillé rompt nettement avec le modèle courbe et lisse de McGuiness. Ses autres titres sont confiés à Ivan Reis et Matthew Clark, deux dessinateurs au traits académiques et soignés, assez proches du style européen.
En 1987, à l’occasion de la transition entre le héros de Terre I et l’homme d’acier, on est passé de Superman 423 à Superman 1 et Adventures of Superman 424. Simultanément, DC comics Presents s’arrêtait, les team-up de Superman passant dans Action Comics. Durant l’année 88, Action Comics fut hebdomadaire, soit six comics Superman par mois. En 1990-1991, Superboy, l’ancien, (enfin le nouveau ancien mais pas le clone) eut son comic book. En 1991, Superman gagna un quatrième comic book Superman, the man of steel. Il en eut un cinquième de 1995 à 1998 Superman, the man of tomorrow. Le nouveau Superboy a le sien depuis 1994 . Il en eut même un second de 1996 à 1998, Superboy and the Ravers. Et Supergirl nous a honorés du sien de 1996 à 2003. En 2003 la série TV Smallville a généré à son tour un comic book et,dix-sept ans après le dernier numéro de World’s Finest, Superman Batman se sont vus à nouveau réunis.
De 1993 à 97, la série T.V. Lois et Clark a donné au héros de papier le visage de Dean Kain. Et de 1996 à 2000, ce furent les nouveaux dessins animés qui eurent même droit à leur adaptation en retour en comic book, avec Superman Adventures . Enfin, depuis 2001, Tom Welling incarne dans Smallville un jeune Clark Kent promis à l’avenir de Superman, même si il ne revêt pas le costume de Superboy. Il partage la vedette avec Michael Rosenbaum, un Lex Luthor ambigue à souhait et reçoit la visite sporadique de Flash, Green Arow, Aquaman, Martian Manhunter ou Cyborg.. En 2005, c’est au tour de Krypto d’avoir sa série de dessins animés. Ils sont diffusés en France sur FR3. Enfin, en 2006 Superman revient au cinéma dans Superman Return. C’est cette fois Brandon Routh qui incarne le plus grand des super-héros. Le film est toujours loin d’égaler les Spider-Man et X-men.

http://www.smallvillesiteweb.com/serie/superman.html

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