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La froideur d’un hiver de romance

Sur des lacs rugueux d’une Ecosse contemplative, mes petits pas de ballerines roses, hâtifs mais à tâtons, se meuvent lentement sur les longues lattes de vieux bois gelés d’un majestueux ponton. Avec une inconscience effrontée mais grisante, j’envisage d’aller en son extrémité pour connaître quelques dangers enivrants, un peu comme Sissi qui poussait à grand galop son cheval jusqu’au bord extrême des hautes falaises. La peur du froid, du noir, de l’eau glacée, d’un monstre imaginaire, d’une sorcière au fond de teint anthracite, effrayante, d’une mort, de mes traits qui s’altèrent, de mon corps qui peine, m’assaillent inlassablement. Alors pour exulter, j’ai décidé de visiter les contours du danger qui m’abreuvent d’une sorte d’énergie vivante et m’éloignent de quelques angoisses absurdes. Ma peau albâtre se plait avec ma longue robe blanche exposant les formes nues de mon corps aux ombres d’une lune espiègle. Je marche doucement sans frémir, sans divaguer, avec le souffle nerveux mais mes yeux se concentrent et oisèlent mes bras fébriles pour atteindre l’extrémité du ponton si noir mais tellement élégant. Demain les lumières de l’aube auront balayé mes turpitudes avec entrain. Pour l’instant, mes lèvres purpurines se déchirent sous quelques apparences d’une belle brume acérée, nonchalante et fantomatique.

Serai-je plus forte, plus vivante, plus belle, plus sereine, au sortir de cette abracadabrantesque épreuve que je m’inflige  avec légèreté, certes, comme une Belle peur aux effluves mouvantes ?

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